“C’est là que ne pouvant trouver le juste, on a trouvé le fort etc.” (fr. 297) Pascal Pensées
“La civilisation occidentale vit à crédit. Elle a cru qu’elle pourrait durer toujours sans s’acquitter à aucun moment de l’arriéré de ses mensonges. Mais elle étouffe à présent sous l’écrasement de leur poids mort” Tiqqun I - Qu’est ce que la métaphysique critique
Il y a trois points importants à saisir avant d’arriver à circonscrire la situation dans laquelle se trouve les USA actuellement. Sur le long terme, je prendrai en partie appui sur la théorie des longueurs d’onde de Mandel pour montrer le fonctionnement cyclique du capitalisme contemporain qui passe à la fois par des phases de croissance et de contraction (1). La phase du capitalisme dans laquelle nous sommes, le néolibéralisme, correspond à une dynamique de baisse du taux de profit continue depuis la fin des années 60. C’est la loi que Marx décrit dans le livre 3 du capital sous le nom de baisse tendancielle du taux de profit qui est la situation que vivent les pays capitalistes du centre (2). Un des leviers que les capitalistes et les Etats essaient d’activer est celui d’un impérialisme encore plus violent et extracteur, en réalité, c’est un processus à l’oeuvre dans tout le capitalisme qui se radicalise en temps de crise. Cependant, même cette extraction que Harvey appelle une accumulation du profit par dépossession, ne permet pas de faire remonter durablement le taux de profit (3). La conjonction de cette situation générale, et les spécificités historiques des USA (notamment sur la politique monétaires) se conjuguent dans une crise générale de l’emploi, de l’investissement et commerciale (4).
I. Les cycles de l’économie et le taux de profit
Pour rendre plus clair le développement, il est utile de s’appuyer sur la théorie des longueurs d’ondes de l’économiste Ernest Mandel. Il propose une théorie des cycles d’expansion et de stagnation du capitalisme pour montrer qu’il fonctionne par cycles. Il y a de très nombreuses preuves empiriques de l’existence de ces cycles du capitalisme [¹]. Ce ne sont pas des cycles autonomes qui se produirait tous les 25 ans par exemple. Ces cycles sont déterminés par les dynamique historique et les actions des individus et des classes, pas une raison économique autonome. Ces longueurs d’ondes ont donc des causes différentes, dont les possibilités sont définies par l’histoire et ne sont pas de simple causalités (multi causes en inter et rétro influences). Le but de la théorie des longueurs d’ondes de Mandel est à la fois de préciser à la fois la dynamique du capitalisme et pourquoi des cycles se reproduisent et comment on passe d’une longueur croissante à une longueur décroissante.
Mandel identifie dans l’histoire les cycles économiques suivant :
- 1789-1848 : Période de la Révolution Industrielle, constitution du marché mondial pour les biens industriels. Expansion de 1789 à 1815, déclin de 1826 à 1848.
- 1848-1893 : Période du capitalisme industriel de “libre concurrence”, expansion de 1848 à 1873, déclin de 1873 à 1892.
- 1893-1913 : Âge d’or de l’impérialisme classique et du capital financier, phase d’expansion
- 1914-1940 : Déclin du capitalisme, guerres impérialistes, les révolutions et les contre-révolutions, et considérée comme une phase de déclin.
- 1940 - ? : Période du capitalisme tardif, né des grandes défaites de la classe ouvrière dans les années 1930 et 1940. Cette période inclut une phase d’expansion (mais limitée à une zone géographique significativement réduite) de 1940 à 1967, suivie d’une phase de déclin de 1968- qui vraisemblablement dure jusqu’à aujourd’hui.
C’est un schéma des dynamiques, car dans chaque période, il y a des moment de croissance et de chute, car de nombreux éléments contribuent à la dynamique d’une phase. Elle dépend en partie du niveau des salaires, mais aussi du taux de rotation du capital (globalement la vitesse de production), du taux d’exploitation et de la composition organique du capital, etc. La théorie des cycles pose une question néanmoins : si l’économie est déterminées par les acteurs et l’histoire, pourquoi produit elle des cycles et selon quelle logique ? La théorie de Mandel correspond à une modélisation de la baisse tendancielle du taux de profit (cf. intro partie II), qui est la détermination du taux de profit réalisé par les entreprises par rapport à leur investissement à baisser constamment. Chez Mandel, une longueur d’onde croissante correspond à des moments dans lesquels il n’y a pas de crise, le taux de profit croit constamment. Une longueur d’onde décroissante est le moment où les capitalistes trouvent de moins en moins d’investissement rentable, et ils cherchent par tous les moyens à survivre à faire chacun individuellement le meilleur taux de profit possible. Les mécanismes que nous verrons par la suite (comme l’accumulation moléculaire par dépossession) ne servent au final qu’à faire remonter le taux de profit et à contrer sans cesse la BTTP. Ce qui est décisif à comprendre c’est que le passage d’une phase de croissance à une phase de stagnation est endogène, et ne s’explique que par la logique interne du capitalisme. Même si des événement “externe” comme les crises pétrolières des années 70 (encore qu’il serait très douteux de les qualifier d’extérieures au capitalisme) aggravent les crises en cours, elles sont déjà créer par le fonctionnement même du capitalisme comme on le verra.
Donc si une ondes est croissante, elle finit toujours, par la structure du capitalisme, à s’affaisser. Pour déclencher une remontée du taux de profit il faut que plusieurs de ces conditions sont réunies en même temps :
- Une forte augmentation du taux de plus-value
- Un net ralentissement du taux d’augmentation de la composition organique du capital
- Un brusque raccourcissement du temps de rotation du capital
- Une augmentation de la masse de la survaleur
- Un flux de capital vers des pays ou des secteurs où la composition organique du capital est significativement plus basse
Mandel conjugue ces conditions avec une théorie de l’innovation. A certaines conditions, notamment des inventions produites selon les besoins d’un sujet collectif et la rencontre avec un capital, une innovation peut rentrer au contact des besoins capitalistes pour produire les conditions techniques des conditions que l’on vient de voir. On connait bien les innovations auxquelles Mandel réfère : la vapeur (fin XVIIIe - milieu XIXe), l’électricité et le moteur à explosion (fin XIXe - 1940). Ces innovations ne se produisent pas d’elle-même et sans modification du rapport à la lutte de classe. Une révolution technique seule ne donne pas forcément des gains de productivité et des profits, c’est juste une découverte dans un laboratoire. Pour qu’une innovation devienne productive, cela nécessite des surinvestissement coûteux pas forcément rentabilisé. Il peut ne pas y avoir de résultats ou de débouchés, une crise interne etc. Ce rehaussement du taux de profit et de la productivité, n’est le plus souvent pas issue de l’invention en elle-même, mais à une intensification du travail et une augmentation du taux d’exploitation. Pour qu’une innovation ait un effet réel il y a toujours besoin de lourds supports, d’équipements, de transport etc. Innovation ne veut pas dire remontée du taux en soi, mais prolétarisation pour augmenter les taux de profit. L’innovation n’est donc pas la production de valeur sans travail comme le pense les économistes classiques. Depuis 1945, l’innovation technique à changer en elle-même et dans son rapport économique. Pour Mandel, après cette date, l’innovation change de nature : elle n’est plus un événement exceptionnel, mais une fonction intégrée et permanente du capital.
- La réduction du temps de rotation du capital fixe ⇒ vitesse de l’innovation rend le capital fixe obsolète avant qu’elle soit usée, mais obsolescence éco = ce qu’explique Brenner. Il faut donc une accélération de l’amortissement pour investir plus vite.
- La fusion de la Science et de la Production ⇒ innovation planifiée par des labo ultra financés ⇒ a creuser
- Le rôle de l’État et de l’économie d’armement et innovation massivement subventionnée par le “complexe militaro-industriel” ⇒ tech naissent sur les commandes militaires = débouché garanti pour les gros investissement et pour renforcer la domination militaire, fusion partielle de l’Etat et du capital privé à travers des institutions transveLe néolibéralisme est caractérisé par une baisse générale et tendancielle des taux de profit. Les besoins sociaux satisfait pas des services à faible productivité, il y a une restriction des psb de réalisation de profit à tout niveau, productivité, géographique … il ne peut plus proposer de compromis progressiste pour maintenir le pouvoir bourgeois (violence de Macron).rses ⇒ socialisation des pertes et de privatisation des profits liés à l’innovation.
Au vu du rapport innovation-cycle de croissance, pour avoir une remontée du taux de profit, aujourd’hui il faudrait : une défaite majeur du prolétariat, une augmentation majeur du taux d’exploitation pour financer une innovation technologique, des investissements productifs une ampleurs biblique (c’est précisément ce que tentent de faire les milliardaires de la tech avec l’IA). La période dans laquelle nous vivons encore actuellement, le néolibéralisme, est une réponse à une baisse générale des taux de profit et donc de la rentabilité des entreprises, ce qui appellerait donc une intensification du travail, une délégation des services sociaux et étatique non privés (la sécurité sociale en est le meilleur exemple) au intérêts capitalistes avec en bout de course des services dégradés et trop cher. Ce qu’il faut conclure, c’est que pour relancer son activité, le capitalisme ne peut passer que par une violence supplémentaire à la fois au travail, dans la rue pour pouvoir faire accepter cette situation et dans les périphéries pour extraire du travail. Le virage autoritaire que prend le néolibéralisme et ses représentants n’a rien de très étonnant, c’est la réponse au dilemme du capitalisme contemporain : comment continuer à accumuler du profit avec un profit produit par les entreprises qui se réduit ? Par la violence dans les périphéries et au centre. Nous sommes plus profondément que jamais dans un moment de crise dans lequel les solutions économiques ne peuvent plus être mitigées et qui appellent des solutions radicales. Je voudrait avant d’en arriver là que nous regardions avec un peu plus de précision comment fonctionne la BTTP et la manière dont elle se montre dans l’économie US récente.
II. La BTTP et la réponse néolibérale
“Der Konkurrenzkampf wird durch Verfeilerung der Waren geführt.”
- Marx, Das Kapital, livre I. Chapitre 23
BTTP, composition organique et gravité du profit
Toute la force du capitalisme est tendue vers le problème de la baisse tendancielle du taux de profit. C’est ce qu’illustre les cycles de Mandel et leur tendance à décroître et à se relancer avant de retomber : c’est la gravité du profit, si on ne fait rien il est attiré vers la bas. Chaque capitaliste tente de survivre face à son capital qui n’augmente plus aussi vite ou qui baisse. Le capital, si on en vit, à un rythme à suivre, parce qu’il espère faire un profit (une boulangerie comme un fond d’investissement) par rapport à ses dettes. Si ses dettes le rattrapent, il est mort. Et à l’échelle macroscopique, on ne peut pas arrêter la course, c’est à dire ne plus faire des dettes pour investir, sinon on se fait remplacer par des investisseurs plus agressifs. Le capitalisme, c’est à l’échelle individuelle se battre en même temps contre tous les autres capitalistes pour survivre. C’est la contradiction apparente entre les besoins sociaux qui servent de base au travail et la surproduction de mauvaise qualité du capitalisme comme support de la lutte individuelles pour le profit.
La “loi” (on ne reviendra pas sur cette question ici) de la BTTP est une des constructions théorique majeur de la théorie marxiste. Elle est exposée dans la troisième section du livre 3 du Capital, avec les tendances qui peuvent la faire remonter. Marx explique que le profit moyen que produit le capital, compte tenu de sa composition organique ne peut que baisser, jusqu’à en théorie arriver à 0%. La composition organique du capital est le rapport entre le travail humain, par rapport au machines utilisées pour produire. Chaque capitaliste veut des machines pour augmenter la productivité des travailleurs pour produire plus de survaleur, c’est la course au meilleur équipement. Or ce n’est que le travail humain qui produit de la survaleur. Ainsi le capitaliste est pris dans ce paradoxe, que sa manière d’augmenter le profit (engager plus de machine) est ce qui le détruit le système lui-même qui lui permet de créer du profit, car les machines du capitaliste doivent être produites par un autre capitaliste qui doit faire du profit etc. La rentabilité de chaque euro investi diminue.
Les capitalistes tentent, et réussissent régulièrement à contrer cette baisse du taux de profit, qui n’est ni fixe ni continue, mais tendancielle, ce qui veut dire que cette chut peu tendances être inversée temporairement. Car si la baisse du taux de profit n’est pas enrayée rapidement, elle abouti à une crise de suraccumulation et de surproduction : quand le taux de profit baisse, disons de 20% à 10%, la solution est d’essayer de produire deux fois plus pour continuer à avoir le même taux de profit mais en vendant deux fois plus. Mais au bout d’un moment, les marché ne peuvent plus absorber une demande aussi importante, à ce moment investir plus de capital ne produira pas plus de profit. On dit que le capital est alors suraccumulé parce que des capitalistes ont de l’argent à investir mais aucun débouché profitable. La mauvaise nouvelle, c’est que tout ce capital non productif doit être détruit, ce qui se résout donc en crise et en fermeture d’usines, destructions de logements, expropriations etc. Les crises de surproduction et de suraccumulation sont donc les deux face du même phénomène, la tendance du profit à retomber. C’est la seule réaction possible dans le système chaotique du capitalisme dans lequel chacun veut sa part. Voilà les deux dangers génétiques du capitalisme qui constituent la nature des cycles. Les crises économiques telles que celle de 2008 ne sont que l’effet en queue de comète d’un phénomène qui se passe dans le schéma capitaliste. Ces crises servent à détruite la valeur suraccumulé. Les capitaux ne trouvant plus de débouchés, ils vont le plus souvent aller dans la spéculation. Quand la bulle éclates, des dettes ne sont pas honorés et des entreprises font faillites et ont les revend pour un prix faible et le chômage augmente massivement. On détruit bien de la valeur en ne remboursant pas des dettes d’acteurs économiques et du capital fixe ; comme le profit = pl/(c+v), la destruction de capital fait baisser c, car on revend les équipement et usines très peu cher, il fait donc du profit facilement et comme il y a de nombreux licenciement, le prix de v, la force de travail coure également moins cher. La crise est un mécanisme normal d’épuration du capital fictif ou improductif, pour gérer les crises de surproduction et suraccumulation chroniques depuis son avènement.
On le verra dans la partie III, mais l’impérialisme est la seule solution pour essayer d’aménager le fonctionnement autodestructeur du capitalisme. Il essayer de régler le soucis de suraccumulation en se ménageant des sorties, notamment géographique dans l’impérialisme. - Il règle la suraccumulation en trouvant ou forçant des nouveaux terrains d’investissement, ou dans les bulles spéculatives, comme pour la bulle de financement de l’IA. Il règle la surproduction en ouvrant de nouveaux marchés de consommation pour les stocks qui ne se vendent plus au centre. Pour l’instant, plongeant nous après l’introduction conceptuelle à la progression du taux de profit aux US, comment ils ont pensée leur réaction et ce que cela nous dit de la dynamique capitaliste.
De 1945 à 1965 : phase de croissance
La fin de la seconde guerre mondiale va poser les US comme le pays hégémonique en bénéficiant du boom économique d’après-guerre. L’Europe ayant été détruite, une grande partie de capitaux fixes ont été détruit. La période est déterminée à être très dynamique économiquement pour lancer la reconstruction européenne. C’est l’analyse des cycles de Mandel et la BTTP qui se montrent dans l’économie réelle. Le capitalisme européen, japonais et particulièrement US vont connaître cette importante dynamique de croissance entre la fin de la seconde guerre mondiale et le milieu des années 60. Les US ont des avantages majeurs pour conserver leur place : le dollar est une monnaie forte et dominante dans les échanges, les US dominent technologiquement et ont un appareil militaire très développé à travers le complexe militaro-industriel qui sert à la fois de débouché pour le capital suraccumulé (c’est l’Etat qui consomme) et moteur de l’innovation (la dépense sociale encaisse les risques). Dans cette configuration des années 50, le seul obstacle à l’hégémonie totale politique et économique, c’est l’URSS. La période est donc structurée pour les US autour de la lutte féroce contre l’URSS à l’extérieur pour la domination politique des zones d’influence mondiale, et à l’intérieur pour continuer à prolonger la domination capitaliste. Cette frénésie conservatrice qui agite les US est illustrée par le Maccarthysme, et les opérations politiques de contre-insurrections menées régulièrement par le FBI. Dans le courant des années 50, le pays affirme de plus en plus la volonté qu’il souhaite imprimer à la politique d’autres pays, par exemple en montant un coup d’Etat en Iran contre Mossadegh, pour avoir la mainmise sur les réserves de pétroles iraniennes. C’est aussi dans ce contexte que naît le plan Marshall, pensé comme un bélier économique pour faire pénétrer les capitaux US (et donc l’influence politique) dans une Europe détruite. Il fonctionne à la fois comme un bon moyen de prêter les capitaux US sur accumulés après la guerre et en même temps de créer des marchés rentables dans une zone ou le capital constant ne vaut plus cher et ou les opportunités de profits pour les capitaux US sont aussi meilleurs et bien sur d’imposer des conditions d’achat et de libéralisation à l’Europe.
Durant cette période l’hégémonie US ne fait que se renforcer en même temps qu’un ordre occidental se constitue contre l’URSS. Pour les pays européens, la place qu’occupe les US, est pleine d’avantages. Grâce au prêt US le nouveau capital qui est investi est neuf et permet donc des gains de productivités très importants, donc une extraction rapide de survaleur et une remontée des taux de profits pour reconstituer le capital détruit. C’est un grand moment de croissance et d’enrichissement que les économistes appellent les “30 glorieuses”. En marxisme on parle d’une “reproduction élargie du capital” d’une ampleur pourtant assez faible pour les US (ratio investissement/PIB était de 13,2 % pour 1950-1973, soit un niveau inférieur aux 15,8 % enregistrés entre 1890 et 1913). par rapport aux japonais en plein boom. Dans ce contexte d’économie keynésienne de lutte des classe ouvrières, beaucoup de droits sont acquis (entre 50 et 58, 3,6% d’augmentation des salaire par an avec peu d’inflation, syndicats historiquement forts aux US) dans le rapport de classe, ainsi qu’une augmentation du niveau de vie des salariés et une baisse du chômage. Cependant, cette croissance ne peut pas être ininterrompue, en effet au bout d’un moment les usines ont été construites, le capital fixe commence à vieillir, le capital fixe des nouvelles usines augmente et la baisse du taux de profit se manifeste de nouveau. Comme le montre la fin du cycle de Mandel, c’est bien vers le milieu des années 60 que le cycle commence à s’inverser.
Dans le capitalisme US, le problème fondamental qui se pose après les années 60, est que son économie n’est plus aussi dynamique (la balance commerciale passe d’un surplus de 6,8 milliards de dollars en 1964 à 6,4 milliards en 1972, les exportations manufacturières US dans le monde passent de 24 % en 65 à 18 % en 1973, on pourrait donner beaucoup d’autres stats), elle ne connait plus de progrès en ce qui concerne la productivité et que les pays européens et le Japon l’on largement rattrapé avec des moyens de production plus performants. En termes économiques la baisse du taux de profit qui commence à arriver en 1965 est dûe à l’immobilisation progressive de capitaux fixes dépassés dans l’industrie de manufacturière US qui les force à surproduire pour survivre. En effet comme la rentabilité n’est pas suffisante pour chaque unité de marchandise, on essaie de produire deux fois plus de marchandise pour avoir toujours avoir la même profitabilité sur un volume plus important. C’est la crise de suraccumulation/surproduction qui réapparait. Brenner résumé bien la problématique en disant : “the fall in profitability originated in the inability of US manufacturers to fully realize their investments because of the increased down ward pressure on prices that resulted from the unanticipated entry into the market of lower-cost producers, especially from abroad.” C’est à dire que d’un côté,
A partir de 1965, la baisse générale du taux de profit
Taux de profit dans les principales économies capitalistes (1950-2010) (E. Maito)
On voir le taux de profit des principales économies capitalistes s’effondrer à partir de 1965. Il faut tout de suite écarter une thèse de l’économie classique, celle de la “supply side” : la pression des salaires, en augmentant auraient étouffé le profit réalisé. Cependant, entre 1965 et 1973, la productivité a augmenté presque aussi vite que les salaires, ils ne sont donc pas la cause de cette baisse (entre 1965 et 1973, les fabricants américains subissent une baisse de leur taux de rendement de plus de 40 %). La cause réelle de cette stagnation on l’a dit, c’est la surproduction et la suraccumulation qui lui est fatalement liée. Les importations par les US massives de produits de consommation venant de chez leurs concurrents (Japon, Allemagne de l’Ouest …) qui possèdent des appareils et équipements (capitaux fixes) plus récent, et donc plus productifs avec des coûts plus faibles, ne pouvaient qu’apporter une concurrence difficile à égaler chez eux. En conséquence les autres producteurs US soit disparaissent, soit doivent s’aligner sur des taux de profit réduits. Les US, qui dominaient seuls, se retrouvent face à une concurrence mondiale qu’ils ont créer eux-mêmes en voulant ouvrir de nouveau marchés.
La chute du taux de profit se conjugue avec l’anarchie globale du capitalisme : personne ne gère l’organisation sociale de la production, on ne gère que dans l’usine pour planifier la production de profit. Or cela aggrave nettement la crise en cours. En effet la seule baisse du taux de profit temporaire ne permet pas déclencher une crise en soi, d’habitude, le capital se déplace simplement vers plus de rentabilité et ne reste pas immobilisés dans une activité non productive. Au lieu de fermer leurs usines vieillissantes pour investir dans de nouveaux secteurs plus rentables, aux US, les producteurs manufacturiers ont laissé leurs capitaux mobilisés dans l’industrie déjà en cours. Il y a donc de plus en plus d’usines, avec un équipement vieillissant, produisant des marchandises pour un marché qui n’augmentait pas assez. Il y a une surcapacité (trop d’usines, et trop vieilles aux US) pour la demande mondiale. Cette production en masse pour essayer d’atténuer l’effet du capital fixe dévalorisé mène donc à une crise de surproduction. Les prix ne peuvent plus monter, les marges s’écrasent, et le taux de profit chute de 25% à 40% dans le secteur manufacturier et industriel. A ce stade, l’économie US traîne une grande quantité de capital mort, qui ne peux plus être rentable. Au lieu d’une “destruction créatrice” (où l’on ferme ce qui ne marche plus pour créer du neuf), le vieux capitalisme industriel américain a persisté dans des secteurs saturés, empêchant la relance de la machine économique mondiale conduisant à une stagnation générale, car des masses de capital fixes sont immobilisées et improductives alors qu’elles ont été engagées, c’est du capital plus ou moins inutile. Les capitalistes US ne cherche pas à investir de manière plus productive, c’est parce que le capital investi l’est dans les usines, dans les réseaux de fournisseurs, des compétences spécifiques … il préfèrent adopter une stratégie de tenir le coup en espérant que leurs concurrents meurent avant eux et qu’ils puissent survivre. Ces investissements productifs ne sont pas aussi liquides que de la finance, si le capitalistes ne veut pas perdre toute la valeur de son investissement, comme il ne peut pas le retourner en un autre produit, il faut qu’il tienne dans la perte d’argent de la surproduction … intensifiant ainsi le problème de la surproduction. Le problème s’intensifie alors que le marché et les débouchés ont toujours la même taille (principalement le marché US importateur, car la monnaie et le prix de production font que les autres pays consomment plus national).
Les US vivent dans les années fin 60 avec un déficit chronique majeur qu’ils n’effaceront plus vraiment, car ils achètent les produits des pays concurrents qui accumulent donc les réserves de dollars. Les US continuent à approfondit le recours au déficit et au crédit public avec des taux d’intérêts bas pour booster la consommation des marchandises pays importés ce qui approfondit les problèmes. Mais la crédibilité des US sur la capacité à rembourser ses dettes devient moins claire (car le pays est moins compétitif, réalise moins d’import, enregistre des départs des capitaux … ). En effet, les pays importateurs comprennent qu’en échange de leur marchandises réellement fabriquées, ils ne reçoivent que des dollar imprimés pour rien par les US et qui ne valent que parce qu’il y a une disparité de l’évaluation des monnaies qui dopent artificiellement l’économie US. Cette perte de confiance dans le dollar, qui correspond à la baisse du taux de profit et de la productivité aux US, entre 1971 et 73, le dollar perd énormément de valeur par rapport au Yen. Le dollar est un des outils les plus puissant de l’hégémonie US, et ils n’étaient pas prêt à le laisser partir comme cela et ça allait aussi se révéler une arme de choix dans la lutte contre la BTTP. Le 15 août 1971, Nixon annonce unilatéralement que le dollar n’est plus convertible avec l’or. Cela a entraîné une chute de la valeur du dollar qui se fera en trois fois jusqu’à 1973, cela entraîne de nombreux effets internationaux, mais notamment deux :
- En diminuant la valeur du dollar de prêt d’un quart jusqu’en 1973, les US deviennent artificiellement compétitifs car d’un coup leurs produits coûtent moins cher par rapport aux produits importés, de cette façon, il peuvent faire survivre le capital fixe vieillissant chez eux, voir même faire des exportations qui ne coûtent plus si cher. C’est comme si les produits étrangers sur le marché mondiale valaient tout de suite 25% plus cher. Ils sabotent donc la rentabilité des autres pays tout en favorisant la survie de leur capital fixe mort. Cette dévaluation a permis aux US de “transférer” une partie de leur baisse de profit vers l’Allemagne et le Japon
- Le but est aussi par ce découplage entre le dollar et l’or de réduire la valeur de la dette du déficit commercial US. C’est comme si les US décidaient de réévaluer leur dette, car si le dollar perd 20% et que beaucoup de pays détenaient de la dette US (notamment à cause du système des pétro dollars), alors tous ces pays détiennent tout de suite 20% de valeur en moins du simple fait de la dévaluation de la valeur de la monnaie. En la dévaluant, ils ont donc allégé toutes leurs dette de 20%, et ils ont enlevé 20% de valeur à tous les pays détenant leur dette.
Dans les années 70, les US prennent acte de la baisse de la valeur du dollar par rapport à leur production réelle de marchandise. Nixon décide donc de faire disperser ce coup à l’économie US à tous les autres pays. A la suite de ces dévaluation, les US qui étaient en train de perdre sur la scène internationale, se retrouve à nouveau dans une position très favorable. En 1973, tout le monde est désormais dans le même bateau : le taux de profit est bas partout, la crise pétrolière qui se produit ne fait qu’aggraver une crise en cours. Dans ce contexte de lutte de productivité dans une économie où les taux de profits sont donc faibles pour tous les pays suite à la dévaluation intervient la crise pétrolière de 1973. Ce premier choc pétrolier va donner un coup de ralentissement à l’économie de tous les pays développés, surtout les pays dépendant des importations d’énergie comme le Japon. Cela déclenche une vague d’inflation dans tous les pays, accentuant encore la BTP car cela fait augmenter le C capital constant. Le facteur déterminant du déclin économique qui touche les US et les pays du nord n’est donc pas la hausse des coûts internes (salaires), mais l’intensité de la compétition internationale qui écrase les prix dans l’industrie manufacturière. Les salaires avaient en fait diminué sur cette période suite à la baisse de demande de biens et d’investissement, entre 1973 et 1995, le taux de chômage agrégé est passé à 6.6%, alors qu’il était de 3,1% 1960 et 73. Entre 1963 et 1973, le volume des biens exportés augmente 42% plus vite qu’entre 1953 et 63, la raison en est simple; face à la crise, chacun cherche de nouveaux débouchés n’importe où pour sa production dans un contexte de concurrence généralisé renforcé par le flottement des monnaies depuis 1971.
Une partie de la raison de la survie du capitalisme dans ce contexte c’est la destruction créatrice de Schumpeter mais dans un référentiel marxiste. En effet dans cette crise de profitabilité, les entreprises qui n’arrivent pas à réaliser assez de profit sont détruites, leur capital est recyclé (revendu pour une fraction de sa valeur), ou entièrement détruit, ce qui place les auntres capitalistes dans une position de réaliser du profit avec ces actifs dévalorisés et un capital variable (travailleurs) souvent moins chers. Les années 70 sont celle du néolibéralisme qui se structure, et met la pression à la suppression des emplois, sur les trade-unions et permet aussi le redressement des taux de profit par un habituel chantage à la valeur qui passe par l’emploi. Les Etats ont également accompagné le tournant néolibéral, flanqués d’intellectuels qui avaient pensé et mis au point ce modèle à la fois d’économie politique et de gouvernance politique [²]. On pense évidemment à des auteurs précurseur, comme Hayek, ou Von Mises. Dans les faits, ce sont dans les administrations de Thatcher et Reagan que l’on trouvera les mises en place les plus violentes des politiques contre le travail et en faveur du capital. On pourrait résumé le néolibéralisme dans l’idée que si il n’y en a pas assez pour tous (de taux de profit), alors il faut en confisquer plus à ceux qui travaillent pour accumuler le capital, le but est de déconstruire tous les acquis du travail qui ont été réalisés pendant la première phase après la première guerre mondiale. Suivirent donc un ensemble de réformes au US et UK, contre les syndicats, privatisation de compagnies d’Etat, coupes dans les dépenses, réduction des impôts aux entreprises etc. Pourtant le but ne fut pas atteint, le taux de profit, on le voit dans la figure 1. ne remonte que faiblement. En effet au lieu de faire des investissements productifs de long terme, le capital est parti chercher des taux de profits dans l’immobilier existant ou dans des placement spéculatifs, ce qui s’est accompagné d’une explosion de la dette privée (figure 2). Au lieu de se baser sur des exportations et une économie de la production sur le marché intérieur, le capital investi de plus en plus les marchés secondaires et commence à nourri les bulles et à accumuler du capital fictif. Ce capital fictif qui va devenir un problème central dans les années 2000 [³].
Figure 2 : Liquidité en % du PIB total entre 1995 et 2014
La crise que vit les US puis le monde entre 1965 et 1982 ne peut pas être qualifié de dépression. La raison est que malgré la baisse de profitabilité que connaissent globalement les entreprises, n’a pas été suivie d’un cycle de dévalorisation dans les prix de la production, de l’immobilier, etc. Ainsi le résultat global depuis 1965 n’est pas une longue dépression économique dure mais un état de stagnation (stagflation), c’est à dire une croissance faible avec une inflation modérée. Les années 70 qui correspondent au lancement des politiques néolibérales que nous allons étudier, sont donc agitées par une récession entre 74 et 75, puis 7 ans de stagnation économique, avant la récession de 80-82 et le reprise de la croissance du taux de profit. Ce qu’il faut retenir, c’est que tout le monde, Etats et capitalistes individuels comprenne bien la problématique de la baisse du taux de profit, elle s’étale dans les bilans comptables. Dans le contexte généralisée de surproduction, les US dans une position particulièrement défavorable décident de dévaluer leur monnaie pour redevenir compétitifs et d’exporter leurs difficultés et la pression sur les prix à l’étranger. Dans ce contexte difficile, d’un taux de profit bas, sans perspective de le faire remonter durablement, le capitalisme mondial oscille entre des phases de vague reprise, de stagnation et de dépression. Le néolibéralisme est le bloc de pratique et bloc de théorie intellectuelles et idéologique qui vont essayer de gérer ce problème de taux de profit sans changer les principes de la production capitaliste.
La grande stagnation
Il n’est de la volonté de personne de décréter le retour des profits, et surtout pas des capitalistes. On l’a vu avec les cycles de Mandel, le retour d’un cycle de croissance du capitalisme se produit avant tout à la faveur d’un événement historique et pas simplement par une modification mineure des rapports de production. Ainsi aucun capitaliste, comme individu ou sujet collectif n’a la possibilité de déclencher ce genre d’événement (qui sont par définition contingent). Il vont donc trouver des solution pour essayer de stimuler artificiellement le taux de profit. Bien sur la surproduction continue à être un phénomène majeur au niveau des entreprises, pour les Etats, c’est le néolibéralisme qui va dominer le champ intellectuel et des pratiques politiques par la réforme. Le néolibéralisme est à la fois une économie politque qui peut être définie par trois choses : 1. une accumulation de capital dans lequel l’Etat à une position décisive pour rediriger le capital 2. une financiarisation internationale (la mondialisation) visant à mettre tous les travailleurs en concurrence et 3. qui est inriqué avec le 2, c’est une reconstruction des relations impériales pour pouvoir disposer de la périphérie comme un espace qui s’adapte aux besoins de la circulation, destruction ou captation de capital.
Logiquement, entre les 70 et 2020, la tendance du taux de profit ne s’inverse pas, le capitalisme est entré dans une longue phase de dépression [⁴] et de basse croissance structurelle définie par :
- Investissement stagnant car le profit est trop bas
- Productivité augmente moins vite
- Le chômage augmente
- Le commerce mondial ralentit de moitié Il faudrait en passer par une description précise de la manière dont se déplace le capital, les relations internationales avec la Chine, la raison des guerre US etc. pour avoir un tableau clair de la situation US aujourd’hui en relation avec le reste du monde. Je devrais me contenter de montrer comment varie le taux de profit et de montrer en négatif la façon cela contribue à déterminer les actions politiques qui vont elles-mêmes modifier le mouvement de l’économie US. Ces mouvement lui donnent un certains nombres de possibilités, au lieu de restituer la situation US totale, j’aimerais juste que l’on comprenne quelles sont les possibilités US en 2026 et le blocage qu’elle connait (partie 4). A partir des années 70, n’ayant plus beaucoup d’industries profitables les US vont essayer de survivre à travers dans une succession de bulles financières, et en vivant sur ses dettes grâce au dollar. La profitabilité globale lissée reste plus ou moins identique à travers ces années, simplement le nombre d’usines baissent sous l’effet de la pression du taux de profit qui pousse à la surproduction. Les premières entreprises à ne plus pouvoir assumer leurs dettes sont détruites en même temps que leur capital. La profitabilité qui se répartit entre les usines restantes. Les capitaux qui ne pouvaient se réaliser dans l’industrie manufacturière, les capitalistes et les institutions financière [⁵] se déplacent donc logiquement vers des investissement plus profitables, notamment la finance spéculative qui va connaître un développement intense durant les années 80 et 90. C’est notamment à ce moment que se développe le mécanisme de titrisation financière pour faciliter l’échange et la financiarisation de tous les flux pour leur donner une liquidité.
Dans les années 80, se fait de plus en plus ressentir un besoin de trouver une solution au problème de profitabilité du capital. Globalement il y en a eu 3 : la lutte contre les salaires, la place de l’Etat dans l’investissement et bien sur le déploiement international d’un impérialisme accentué. Pour la lutte contre le travail dans la répartition avec le capital, le champion US a été Clinton, amorçant pour des années le dégoût des démocrates et de la “gauche” d’accompagnement du capital comme le PS en France. Clinton se présente comme un “New Democrat” qui propose le “New Deal” néolibéral rigoureusement hostile au travail. Il se présente en 92 pour “end welfare as we know it”. Parmi les mesures qu’il prend, on peut citer par exemple le North American Free Trade Agreement (NAFTA) en 94, pour avoir accès à tout le marché américain (Canada, Mexique etc.) en diminuant les exigences de qualité et les droits de douane. Ce fut à la fois une formidable occasion de profit, et un outil de lutte contre le travail, les entreprises, en recherche de taux de profit, on put faire du chantage aux syndicats grace aux conditions de travail dégradées et des salaires mexicain. Bien sur cela s’étend aussi à la Chine et la délocalisation de la production industrielle. La financiarisation des années 80 et 90, fut un outil extrêmement puissant dans les pays pour mettre en concurrence les travailleurs pour récupérer, de manière relative, le taux de profit sur d’autres marchés. Cela ne fait qu’accélérer alors la crise de surproduction des usines ou des secteurs qui continuent à essayer de produire face à un capital délocalisé et plus efficace. C’est dans les années 80 et 90 qu’explose la faim, les sans-abris (on passe en 1984 de moins de 250 000 avant les années 80, une étude de l’Urban Institute (Burt and Cohen, 1989) en 1987 le nombre est passé à entre 500 et 600 000 personnes). Pour maintenir l’ordre dans le pays, deux textes sont adoptés, Anti-Drug Abuse Act de 1986 et 1988 [⁶]. En 2020, les techniques n’on pas évolué, car en 2020, un terrible crise de opïodies fait rage, tuant plus d’une centaine de millier d’habitant. Un des aspects les plus marquants de la réorientation de l’Etat du néolibéralisme se produit également sous le mandat de Clinton, qui est à tous égards marquants. Alors que la technique financière a pris un essor démentiel (entre 1994 et 2000, les profits du secteur financier doublent, représentant 75 % de l’augmentation totale des profits corporatifs après intérêts), en 1999 sous le mandat de Clinton est entrepris un changement radical du Glass-Steagall de 1933 qui sépare les banques de dépôts des banques d’investissement pour le dire rapidement. Le but est que les activités financières risquées ne puissent pas avoir d’effet sur l’épargne qui est gardée dans les banques de dépôts; ainsi les risques de la finance ne sont encourus que par la finance elle-même, il n’y aucun risque de perte de son épargne ou de faillite de la banque. Cela a été un levier inattendu pour la finance qui trouve donc, dans l’épargne individuelle, le moyen de faire grossir les sommes investies, les effets de levier et donc les profits réalisés, largement fictifs, dans la mesure ou la productivité du travail ne progresse pas réellement. C’est précisément une des causes de l’inflation et des conséquences de la crise de 2008 : les crédits pourris deviennent communs grâce aux taux bas de la FED, et de la position de consommateur mondial des US. Ces prêts pourris volontairement accordés pour faire remonter le taux de profit : les banques qui ont trop de capital le prête sous forme de crédit pour essayer de faire du profit par rendement du prêt. En renouvelant les prêts, elle sauve aussi les entreprises zombies pour ne pas les faire sortir de son bilan et admettre la perte. Les banques utilisent donc la dette pour reconstruire des produits financiers soi-disant sans risque grâce à la titrisation pour faire de l’argent. Mais cela ne fait au final qu’alimenter une destruction et suraccumulation, car derrière ces prêts il n’y a pas de vrai travail. C’est cette dynamique de bulle et de faible croissance qui va malheureusement accompagné les US jusqu’à aujourd’hui. Le crédit sert uniquement à maintenir la fiction de la valeur.
Figure 2 : Dette globale rapportée au PIB en % : des bulles de crédit au crises du crédit 89-2011
Dans les années 2000 les USA entrent dans une phase de dépendance totale à l’endettement. Plusieurs des causes dans la situation déjà décrite continue à s’aggraver. Le secteur industriel, le premier touché par la baisse de taux de profit continue à fragiliser le secteur. Les USA sont devenus à la fois un pays qui capte la valeur ajoutée sur la conception dans les chaines de valeur, mais complètement désindustrialisé, le pays devient généralement un pays de service aux bas salaire. C’est pour cette raison et la dynamique engendrée par le dollar que les US ont besoin d’approfondir leur dette pour pouvoir continuer à soutenir leur économie par la consommation de l’import étranger. Ce sont également dans les années 2000 que le déficit budgétaire et commercial (déficit jumeaux) des US atteint des niveaux record. Leur situation économique ne tient au fond que par l’emprise du dollar, notamment sur les économies asiatiques (japonaise et chinoise entre autre), qui les forcent à utiliser leurs immenses réserves de dollar du à l’export en achetant de la dette US leur permettant de faire rouler leur dette. Cela s’ajoute aussi à la réorientation des capitaux vers la finance, nous le détaillerons un peut plus loin. Il faut néanmoins comprendre que pour soutenir la demande, moteur de l’économie US. La FED maintien des taux très bas pour éviter une dépression après le krach de 2000. Ce soutien de consommation par l’endettement, fait que la crise de la profitabilité industrielle perdure, et s’ajoute à une économie de bulles financières successives. Au début des années 2000, l’économie américaine est devenue “le consommateur de dernier ressort” du monde, mais elle ne repose plus sur une base productive solide, seulement sur une accumulation massive de dettes qui va alimenter les bulles. Depuis 1997, la profitabilité continue de tomber. Les capitalistes cherchent donc une meilleure opportunité d’investissement et il vont profiter de la baisse de la valeur du capital constant après 97 ce qui prépare le boom de l’économie internet de 2001, nourri également par des subventions et aides publiques. L’explosion de la bulle fait des dommages sur la valeur estimé de nombreux indices boursier des entreprises de la tech’ qui baissent de plus de 50%, ce qui relance le capitalisme US dans une pente descendante car les gains de productivité attendus mais la concurrence avait traîné les prix vers le bas, la valeur ne s’est pas réalisée. Pourtant, après 2001, comme les banques et réseaux bancaires étaient de plus en plus dérégulés sous l’impulsion des politique néolibérales, l’accès facile au crédit et les effets de leviers ont lancé le capitalisme toujours de plus en plus en avant dans la spéculation et le capitalisme de casino[⁷]. Toute cette situation ne faisait que préparer l’immense crise de 2007, qui entraînera une récession mondiale que l’on appelle “Great recession” et une très grave crise de l’euro à la suite pour les pays du sud de la zone euro, principalement la Grèce. Cette récession se déroule entre 2007 au moment de la crise jusqu’à à mi 2009 correspond à un moment de destruction de capital suraccumulé pendant la crise de suraccumulation depuis 70. Il y a a une échelle globale une destruction pendant cette crise de 22% de PIB mondial par rapport à une croissance normale du PIB. C’est 50% de plus que la récession de 80-82.
Après la crise de 2008, le ralentissement économique est d’abord créer par la récession dut à la crise, mais la destruction de capital pour purger les comptabilité n’a pas suffit à relancer les taux de profit. Dans les années 2010, les taux de croissance restent extrêmement faibles, peu d’investissement, une épargne croissante [⁸], qui sont la suite directe de la dynamique du capitalisme qui suit le “long turndow” qu’il semble impossible d’empêcher même par la lutte contre les salaires (sinon on se coupe de son propre marché). En 2009, puis les années suivantes, le taux de profitabilité ne reviens plus ni à son niveau de 2006, et même pas au niveau de 1997. Le taux de croissance du PIB US en 2014 est de 2.4%, qui revient à peine au taux de croissance pendant la grande dépression de l’ordre de 2,9%. Pendant la période de “reprise” de l’économie US entre mi 2009 et 2014 la croissance US a seulement été de 2,2% par an. La croissance de l’économie US est depuis le milieu des années 2010 dans sa pire période depuis la fin de la seconde guerre mondiale.
Dans ce contexte de crise et de tentative de stabilisation de l’économie, un acteur va jouer le rôle de gyroscope du chaos capitaliste, c’est l’Etat qui fait désormais office aujourd’hui d’agent de circulation du capital comme un aiguilleur du néolibéralisme. Il permet en partie de débloquer la circulation du capital bloqué et de mobiliser de gros volumes. L’Etat est totalement intégré à la domination du capital. Dans les années 2000 jusqu’à 2010 l’industrialisation des pays d’Asie continuant à se développer avec l’émergence de nouveau acteur tandis que la Chine commence à s’autonomiser. Mais ce développement va avec des besoins en énergie immense et donc une montée des prix à la fois de l’énergie et des denrées alimentaires. Cela a profit aux pays du Sud qui ont obtenu un meilleur revenu d’exportations, mais une désindustrialisation est survenue par la même occasion [^9]. Le monde de la production capitaliste devient de plus en plus interconnectés dans les chaines de valeur internationales, avec à la fois des pôles de production, d’immenses secteurs désindustrialisés dans le centre et la périphérie, et enfin des centre nodaux du capitalisme qui réalise la majorité de la captation de valeur grâce à des activités à forte valeur ajoutée à cause de la détention du capital (brevet, conception, services juridiques, propriété software etc.) L’Etat, que ce soit du centre ou de la périphérie sont les acteurs de cette transformation de la géographie selon les besoins du capital. Ce sont les structures financières (entreprises publiques, fonds souverains, banques de développement) qui investissement dans les infrastructures pour rentrer dans la mondialisation. Les pays de la périphérie qui sont en excédant de dollar peuvent alors les réinvestir dans la finance (qu’elle soit productive ou non par l’intermédiaire de marchés financiers).
L’internationalisation des chaines de production à créer une socialisation du travail et des moyens de production sans précédent, ce qui accentue les tendances à la suraccumulation. Cela commence à être de plus en plus visible depuis mi 2010 dans les secteurs industriels. Plan de relance et de sauvetage des banques qui a aussi aggravé l’accumulation du capital à une échelle mondiale. L’Etat intervient entre autre pour permettre de faire passer le capital suraccumulé vers des secteurs plus profitables, d’autant plus dans un contexte de concurrence internationale, dans lequel investissement, défense et intérêt stratégique et économique du pays se mêlent. Chaque Etat est donc en lutte stratégique (avec ses licornes, ses avantages etc.) pour arriver à prendre une place dans le flux hiérarchique du capital. Le capital US avec le CMI est surement un des plus avancé dans cette stratégie de gouvernance des capitaux néolibérales. Ce qu’il faut comprendre, c’est que face à l’anarchie totale du système de marché capitaliste, les Etat sont devenus des champ de bataille pour la lutte à mort entre l’intrication capitalisme-Etat (qui ont besoin l’un de l’autre pour leur survie, et pour prospérer dans les chaines de valeur internationales) pour la captation de profit. C’est une bataille à la fois de la bourgeoisie contre le travail, mais aussi des capitalistes entre eux, et des Etats entre eux, dans laquelle les alliances se composent en fonction des besoins contingents, mais aussi en fonction d’une hiérarchie de domination existante. Cela se développe à la fois comme phénomène financier, mais aussi comme principe géographie d’organisation de la production de capital. Ce qu’il faut comprendre pour l’instant, c’est que les années 80 et 90 font apparaître le néolibéralisme comme solution qui permet de survivre par la pression sur le travail et la domination impériale. L’Etat devient l’agent nécessaire de cette domination. C’est une solution qui se rend compte du caractère contradictoire et chaotique de la production capitaliste, et qui y substitue une solution de planification partielle et de réorientation des capitaux, c’est une forme très affaiblie de planification du profit. C’est ce que fait la Chine, mais avec une planification beaucoup plus aboutie et qui correspond aux besoins sociaux.
La seule solution pour la production capitaliste de sortir de ce marasme, c’est de retrouver des niveaux de profitabilité du capital et une réduction des niveaux de dette. En effet, selon la formule de la composition organique du capital, la survaleur produite par le travail ne sera pas suffisante pour retrouver un taux de profit. Normalement après une crise, une partie du capital est détruit, donc celui qui reste est plus profitable, car le chômage réduit le prix du travail, et le capital constant coûte aussi moins cher. On a de nouveaux investissement, du travail, de la consommation etc. et l’économie reprend. Cependant, il y a une surcapacité de la production qui est devenue chronique en même temps que les niveaux de dette des ménages, des entreprises et de l’Etat explose aux US ce qui rend impossible la solution de secours : la reprise économique artificielle par l’endettement privé ; la situation est en fait complètement inverse, les ménages et entreprises essaient de rembourser la dette, ce qui détruit de la monnaie. Aux US, mais dans toutes les économies capitalistes majeures, le taux de surcapacité industrielle dans les années 2010 est de 30%, ce qui est un record. Cela suggère qu’il faudrait pour relancer le taux de profit purger une nouvelle fois le système des entreprises et du capital non productif. Cela montre surtout la structure économique qui ne peut continuer maintenant sauf événement historique d’une ampleur incroyable. Depuis les années 70 et avec plus de force après les années 2000 et la crise de 2008 dans une époque de stagnation du capital qui cherche à vaguement se re dynamiser en détruisant de temps en temps un peu de capital.
Pb de la zombification du capital 2008 que certains considèrent comme un pic dont on n’est jamais vraiment redescendu à cause de l’intervention des banques centrales, par des politiques de QE et injections de liquidité qui empêchent la “purge” des entreprises non rentables. Le but des BC en faisant cela est de lutter contre une inflation trop importante. Le problème du soutien par de la monnaie artificielle de l’Etat = entreprise zombie, pas assez de profits pour payer intérêts de sa dette, mais qui ne fait pas faillite pour autant. On les voit émerger après la crise japonaise quand le Japon refuse de faire faire faillite à ses grandes banques et entreprises en défaut, et les maintien pas de la dette fictive avec des prêts à taux 0. Le phénomène se massifie à partir de 2008 pendant la crise, car les taux de prêts proches de 0% avant 2008, facile de faire rouler la dette. Le phénomène est massifié par le crédit peu cher qui perdure par l’intermédiaire de la BCE et de la FED entre 2008 et 2020, puis de 2020 à 2022, les prêts de la période COVID ont encore amplifié les choses avec des prêts garantis qui ont sauvé des boites peu productives. Tout l’argent circulant dans ces entreprises zombies finissent dans le circuit financier, car le taux de profit de l’industrie locale est trop faible, alors cette masse de capital fictif ne fait que renforcer les dettes et produits financiers qui circulent. Le mécanisme le plus courant pour ces entreprises en trop plein de capital, c’est de faire du rachat d’action pour faire augmenter leur capital ficitif : il n’y a eu aucun travail réelle, c’est une pure loi de marché, si il y en a moins,
Ce qui permet également la survie des zombies, c’est que les banques n’ont pas d’intérêt à déclarer ses entreprises en faillite car elle doit l’inscrire dans ses pertes et dégrader son bilan. Elles préfèrent donc laisser des prêts de survie aux entreprises aux bas taux de profit, c’est l‘“Evergreening”. Pour les plus grandes entreprises, elles peuvent avoir recours au “Too Big to Fail”, les subventions d’Etat leur sont quasiment obligatoire, sinon cela détruirait tout une partie de service nécessaire et ferait exploser le chômage. Tout ce capital zombie bloque la relance du taux de profit, car ils font monter si le capital fixe baisse de prix, or ces entreprises font augmenter sa valeur en étant pas détruites alors que c’est un capital qui n’est plus assez productif, et ils prennent des main-d’œuvre, capital, parts de marché qu’un capital plus efficace pourrait exploiter. De plus Pour compenser leur manque de profit, elles sont les premières à presser les coûts salariaux (v), aggravant la crise de la demande. C’est une stagnation générale de l’économie assistée par un gros volume de monnaie. Selon la BRI (Banque des Règlements Internationaux), environ 15 % à 20 des entreprises cotées dans les pays développés sont aujourd’hui des zombies. C’est un poids mort qui empêche le capitalisme de purger sa suraccumulation et donc de lancer une nouvelle onde longue de croissance. On peut citer WeWork, Casino comme des cas remarquables (l’ICR de WeWork n’a jamais dépassé les 1, et celui de Casino est en dessous à partir de 2020). C’est ce blocage qui explique pourquoi, malgré l’IA et la tech, on ne voit pas de “boom” économique réel. On est dans une phase B qui refuse de finir.
On constate que la zombification du capital touche avant tout les grosses entreprises vieillissante des pays du nord. Ce sont les pays les plus avancé dans la compétition capitaliste, ceux qui sont arrivés avant, ils se sont repliés beaucoup vers des services à forte valeur ajouté au prix d’une désindustrialisation. Ce sont les pays dans lesquels le capital fixe vieillissant est accumulé, et qui soutiennent leur économie par la dette.
La remontée des taux d’intérêt depuis 2023 est en train de tuer ces entreprises, parce que leur survie devient beaucoup plus chère. C’est une forme de purge pour restaurer le taux de profit en faisant arriver des entreprises plus profitables, en espérant que la destruction du capital lié à la montée des taux soit suffisante. En 2024 et 2025, on voit une explosion des défaillances d’entreprises en Europe et aux USA (+11% de faillite aux US entre 2025 et 2024, Sur les 12 mois allant du 2e semestre 2024 au 1er semestre 2025, 117 grandes entreprises (actifs > 100 millions de dollars) ont déposé le bilan — en hausse par rapport aux 113 de la période précédente, et 44% au-dessus de la moyenne annuelle 2005-2024 de 81 faillites. 32 méga-faillites (actifs > 1 milliard) ont été enregistrées, contre 24 la période précédente et bien au-dessus de la moyenne historique de 23. Au 1er semestre 2025, 17 méga-faillites — le nombre le plus élevé pour un semestre depuis le COVID 2020). qui confirme la mise à mort progressive par la montée du taux de crédit des entreprises zombies, on constate les morts et on peut refaire du profit avec des nouveaux investissement en capital neuf. Les entreprises zombies viennent d’un capitalisme contradictoire qui lie trop les besoins sociaux et l’organisation du capital. La valeur d’usage des entreprises, malgré elle, rentre en contradiction avec la production de valeur à l’échelle générale. Refuser la destruction créatrice pas une solution de long terme. Il peut y avoir des cas où la zombification sert un but stratégique Intel (USA) : Cas récent et fascinant. Longtemps leader, Intel est aujourd’hui en difficulté face à TSMC et Nvidia. Elle survit grâce à des subventions massives de l’État américain (Chips Act) et des prêts, car les USA ne peuvent pas laisser mourir leur seul fabricant de puces national.
On est en plein dans la phase de dégringolade violente du capital. En France et en Allemagne, le nombre de faillites en 2024-2025 a atteint des records historiques (dépassant les niveaux de 2008), c’est une phase de destruction sans remontée du taux de profit. Il faut que la purge se fasse avant de retrouver de la rentabilité en détruisant tout ce qui est suraccumulé, mais le risque, c’est un effondrement systémique. En effet si les débiteurs de ces dettes commencent à faire défaut, il est possible que l’économie connaisse une baisse sans précédent à cause du système de financement des banques et des entreprises zombie. Les banques d’investissement, liées aux banques de dépôts dont elle recycle l’épargne, financent également des fond d’investissement comme Black Rock, Blackstone ou Appolo, sans aucune règle de régulation. Ce sont eux qui ont recours au Shadow Banking, c’est à dire toutes les activités de financement de marchés fait par des institutions non bancaires. Ici les fond ont recours à une des technique financière du Shadow Banking, le Private Credit qui consiste simplement en du prêt en direct de masse de cash par les fonds aux entreprises contre des taux de rendement de l’ordre de 15%. Le risque provient du fait que le risque démentiel que prenne les fonds de défaut des entreprises est aussi assumé par les banques qui attendent eux aussi leur intérêts pour faire rouler leur dette. Comme les banques détient énormément de cette dette de mauvaise qualité. Si les zombies tombent tous en même temps à cause de la hausse des taux des BC, c’est tout le système financier qui peut sauter. Pour les fonds qui resteront debout, il pourront racheter le capital fixe des boites en ruines. Pour avoir une idée des volumes, pour la plus grosse banque d’investissement mondiale, JP MorganChase, les prêts aux institutions non bancaires représente environ 30 % à 35 % de l’exposition au crédit de JPMorgan. Sur un bilan total qui frôle les 4 000 milliards de dollars en 2026, l’engagement total envers le Shadow Banking représente plus de 1 200 milliards de dollars.En 2026, le marché du Private Credit mondial dépasse les 2 500 milliards dollars.
Les BC agissent aujourd’hui en remontant les taux pour lutter contre l’inflation. Pourquoi maintenant ? Car l’inflation menace la valeur même du capital financier. Si les prix montent trop, la monnaie perd son rôle de réserve de valeur. On sait que l’inflation est le pire ennemi du capital financier, si les prix montent, une même quantité de monnaie permet d’acheter moins des mêmes marchandises, elle n’arrive plus à garder sa valeur. C’est pire quand on est remboursé d’une créance, et c’est précisément l’activité du capital financier, on rembourse un prêt, son taux d’intérêt est modifié de l’inflation car l’objet de la dette, qui est une somme de monnaie permet d’acheter moins de marchandise ou autre qu’au moment du prêt. Dans les faits, il aura bien prêté une somme, disons 1 000 à 4% sur 5 ans, il va donc recevoir au bout de 5 ans, soit à peu prêt 1 217, mais la sandwich qui coûtait 5 coûte maintenant 13, voilà pourquoi les BC souhaite arrêter l’inflation pour ne pas laisser l’érosion du capital financier se propager.
On revit actuellement une situation économique qui ressemble à cette de la crise des années 65-67. On a suffisamment expliquer pourquoi les US sont totalement bloqué dans une crise de long terme du taux de profit dont ils ne peuvent pas sortir par leur dynamique interne de leur économie dopée à la dette, ce qui a nourrit la finance à la fois comme moyen de trouver du profit, mais aussi de mettre plus de pression sur le travail et qui finit par s’essouffler de plus en plus dans les années 2010. En parallèle, c’est l’objet de notre seconde partie, les BRICS, la Chine en tête, ont fait office de producteurs de biens manufacturés et sont dans une situation analogue (pas identique) à celle des pays européens et du Japon, ce sont des pays dans lesquels le transfert de technologie et l’investissement dans des capitaux fixes plus innovants permet de faire une violente concurrence aux US, qui est une économie puissante qui tient sur une base extrêmement fragile. Aujourd’hui, la Chine sature le marché mondial de panneaux solaires, de voitures électriques et d’acier. Une surcapacité mondiale qui empêche les prix de monter, écrase les profits des anciens producteurs (Occident) et force des dévaluations ou des guerres commerciales (tarifs douaniers). C’est une reproduction élargie de la cris pour paraphraser Marx, comme de nouveaux pays arrivent au niveau de production qui permet de compenser celui de n’importe quel pays du nord, la compétition s’intensifie entre tous les pays, ce qui intensifie la crise de surproduction mondiale. La dynamique dans laquelle semble embarqué les US est celui d’une économie de stagnation, soutenue par une dette, une richesse artificielle et leur présence militaire qui permet la consommation, ainsi que la domination (pour l’instant) de nombreuses chaines de valeur mondiales. Nous sommes donc dans une économie de crise répétée qui détruit à chaque passage un peu de capital fictif en espérant que le taux de profit se relève pour le plus longtemps possible. Le changement politique vers le néolibéralisme (dont nous avons pour l’instant centré la vision autour du centre) à été une tentative capitaliste d’imposer une contre tendance à la gravité du profit. Cela à marché contenir la baisse du taux de profit longtemps, mais les solutions apportées entrent en contradiction avec elles mêmes (financiarisation), et on pour fin d’aggraver la crise US, et le problème mondial de la surproduction.
III. La dépendance à l’impérialisme
L’impérialisme est une accommodation des problèmes que le capitalisme rencontre dans sa dynamique, mais c’est une accommodation qui existe depuis son apparition, qui même le conditionne, et à laquelle il reviens sans cesse, l’impérialisme est la condition du capitalisme. C’est encore à l’impérialisme qu’il recourt d’ailleurs pour lutter contre la baisse du taux de profit rencontré à partir de 1965. Ce type de développement extensif dans l’espace et la production, donc la domination de la marchandise imposée à tous de force. Pour que le capitalisme puisse conserver une dynamique, il a besoin de l’impérialisme comme une sorte de soupape qui permet de capter la valeur et la détruire à l’extérieur, dans les périphéries, pour pouvoir faire remonter le taux de profit (on pense par exemple à la crise en Argentine en 2001 et la situation qui se reproduit aujourd’hui). L’impérialisme est donc une nécessité vitale et surtout pour les USA qui ont conquis l’hégémonie dans le rapport de force mondial du capitalisme. C’est pourtant un pays qui montre des faiblesse, comme on l’a vu, la productivité de ses usines à chuté (à cause de la surcapacité mondiale), mais il lui reste des armes il domine par :
- Le contrôle du système financier mondial, qui permet la mise en concurrence des travailleurs et la captation de valeur pour soutenir leur consommation.
- La capacité à imposer des règles monétaires favorables, qui vient des échanges en pétrole libellé en dollar.
- L’interconnexion de l’Etat et du capital militaire pour pouvoir trouver un débouché aux capitaux et l’innovation.
Dans le marxisme classique, Lénine définit selon 5 critères de l’impérialisme comme stade ultime du capitalisme : - Concentration de la production et du capital parvenu à un degré de développement si élevé qu’elle a créé les monopoles, avec un rôle décisif dans la vie économique - Fusion du capital bancaire et du capital industriel, et création sur la base de ce capital dit financier, d’une oligarchie financière - L’exportation des capitaux , à la différence de l’exportation des marchandises, prend une importance toute particulière - Formation d’unions internationales monopolistes de capitalistes se partageant le monde - Fin du partage territorial du globe entre les grandes puissances capitalistes Impérialisme comme remède à la Baisse tendancielle du taux de profit. Extension pour éviter monopole et crise de suraccumulation.
Or nous ne sommes pas dans cette configuration, il y a une telle interdépendance mondiale de la production et des marchés hétérogènes qu’il n’y a plus vraiment d’acteur pour prétendre à une position aussi hégémonique. Je partirai plus d’une définition de l’impérialisme proposée par David Harvey : “monde spatio-temporel en réseaux, fait de flux financiers de capital excédentaire, avec des concentrations de pouvoir politique et économique en des points nodaux clés (New York, Londres, Tokyo), qui cherchent soit à injecter et à pomper les excédents dans des canaux productifs, le plus souvent pour des projets à long terme dans une variété d’espaces (du Bangladesh au Brésil, ou à la Chine), soit à user de leur pouvoir spéculatif pour purger le système de la suraccumulation par le déclenchement de crises de dévalorisation dans des territoires vulnérables. Ce sont bien entendu les populations de ces territoires qui doivent alors payer le prix inévitable.”
Les trois parties de l’impérialisme que nous avons identifiées (financier, monnaie et SMI) sont en fait seul et même mouvement. Nous allons détaillé plus tard l’interaction de ces formes de l’impérialisme, mais en lui-même, il ne comporte qu’un mécanisme : celui de conserver la survaleur créer dans les centres capitalistes et de faire des périphéries à la fois le lieu de l’accumulation violente et de la destruction du capital quand cela devient nécessaire. La survie du capitalisme tient exclusivement aux “aménagement spatio-temporel de ses contradictions” par la pratique impériale. Cette structuration historique et raciste qui parcourt le capitalisme est une nécessité qui vient du besoin extraction continue (primitive et moléculaire pour la reproduction) du travail par la violence.2008 que certains considèrent comme un pic dont on n’est jamais vraiment redescendu à cause de l’intervention des banques centrales, par des politiques de QE et injections de liquidité qui empêchent la “purge” des entreprises non rentables. Le but des BC en faisant cela est de lutter contre une inflation trop importante. Le problème du soutien par de la monnaie artificielle de l’Etat = entreprise zombie, pas assez de profits pour payer intérêts de sa dette, mais qui ne fait pas faillite pour autant. On les voit émerger après la crise japonaise quand le Japon refuse de faire faire faillite à ses grandes banques et entreprises en défaut, et les maintien pas de la dette fictive avec des prêts à taux 0. Le phénomène se massifie à partir de 2008 pendant la crise, car les taux de prêts proches de 0% avant 2008, facile de faire rouler la dette. Le phénomène est massifié par le crédit peu cher qui perdure par l’intermédiaire de la BCE et de la FED entre 2008 et 2020, puis de 2020 à 2022, les prêts de la période COVID ont encore amplifié les choses avec des prêts garantis qui ont sauvé des boites peu productives. Tout l’argent circulant dans ces entreprises zombies finissent dans le circuit financier. Comme ce sont des entreprises particulièrement endettées, elles n’arrivent pas à être assez productive comme on l’a vu. Le peu d’excédant de production qui est dégagé (différence entre EBITDA et EBIT) par entreprises est en fait utilisé pour payer ses créanciers, qui sont les grandes banques d’investissement. Ensuite ce capital est utilisé par les banques entre autres sur les marchés financiers pour financer la prochaine bulle. La bulle Private Credit - IA menace fortement à ce titre l’économie mondiale. Comme le taux de profit de l’industrie locale et des pays est trop faible, alors le capital se dirige vers la finance, cette masse de capital fictif ne fait que se renforcer les dettes et produits financiers qui circulent comme je viens de l’expliquer avec le Private Credit pour essayer de trouver par exemple des taux de rendement de l’ordre de 12 ou 15%, même chose avec les méthode de sale ordure du Private Equity.
L’idée est que le capitalisme à besoin d’un dehors naturel ou social (main d’oeuvre nouvelle, technologie, nouvelle ressource etc.) pour prolonger sa dynamique sans chuter, ce qui ne peut qu’arriver si les conditions restent les mêmes. Pour le dire autrement, la reproduction élargie du capital se base sur des processus violents d’accumulation par dépossession. Le capital révèle toujours sa base sociale comme étant celle du vol. En réalité l’accumulation n’est pas que primitive [^10], l’accumulation par dépossession est un processus aussi commun que l’accumulation, elle est utilisée pour créer des débouchés et un taux de profit supérieur dès que possible. Ce processus de dépossession peut recouvrir :
- Marchandisation et privatisation de la terre et expulsion par la force des populations paysannes
- Transformation de droits de propriété de différents types en titres de propriété privée exclusifs
- Suppression du libre accès aux communaux
- Marchandisation de la force de travail et la suppression de formes alternatives (indigènes) de production et de consommation
- Processus coloniaux, néocoloniaux et impériaux d’appropriation d’actifs
- Monétarisation de l’échange et de la taxation, en particulier de la terre
- Trafic d’esclaves
- Usure, dette publique, système de crédit
On peut recourir à chacun de ces moyens, au niveau de petites population à un niveau mondial, mais le rapport conceptuel, c’est qu’une puissance impériale intervient dans un espace autonome pour faire rentrer les rapports sociaux dans des rapports entièrement marchand, dans lesquels sont détruit les cultures locales, dans le but de produire du profit. Comme les concernés ne sont jamais d’accord, la violence devient immédiatement une nécessité. Cette accommodation est toujours à nouveau nécessaire car quand le taux de profit baisse, l’investissement dans la technologie et l’innovation n’est pas la norme. Elle arrive d’ailleurs souvent seulement dans un début de cycle de reprise au sens de Mandel. Donc au lieu de prendre le risque d’un gros investissement dans des machines, ce qui mène par ailleurs à une crise de surproduction également (par l’immobilisation des capitaux fixes et l’augmentation de la composition organique du capital), les capitalistes vont donc simplement trouver un “spatial fix”, c’est à dire qu’ils se déplacent vers un autre investissement. Soit le “coût du travail” est moins élevé, soit des ressources non exploitées, ou de nouveaux marchés.
Le capital comme acteur général et les Etats s’organisent dans un rapport politique mondial, en des centres avec des infrastructures de déplacement et gestions (Paris, Londres, NY etc.) qui captent la valeur par la finance et les brevets de conception des marchandises, tandis que la périphérie est à la merci d’un capital qui cherche à se couler dans toutes les opportunités de rentabilité. Le travail très peu rémunéré de la périphérie pour produire des marchandises qui sont revendues avec une survaleur énorme produite en profitant de la hiérarchie nécessaire au capitalisme et qui sert l’accumulation des capitalistes du centre. Cette accumulation lui permet une accumulation permanente et un enrichissement constant alors que la périphérie s’affaibli. La finance est l’arme majeure de cette structuration
Il ne faut pas oublier que cette accumulation dans les périphérie est avant tout un besoin du capitalisme pour éviter la crise de suraccumulation et de surproduction. Lorsque le procès d’accumulation au sein d’un État produit des surplus de capitaux qui ne trouvent plus de débouchés rentables localement, une crise de suraccumulation survient. Cette structure est la cause profonde des pressions impérialistes et des conflits géopolitiques contemporains. L’État doit alors intervenir pour capter les mouvements moléculaires du capital financier à son propre avantage, ce qui déclenche une concurrence internationale féroce et des guerres commerciales entre les différentes puissances pour le contrôle de ces flux. Nous venons de voir que la première solution consiste à trouver une solution géographique en allant investir ailleurs. Cela à été rendu très facile par la complexification de la finance et le rôle politique du trio Wall Street - FED - FMI, qui ont créer des conditions d’investissement rentables en détruisant la vie des population locales. Mais une autre solution est aussi la destruction de la valeur, de voir la périphérie comme réellement une destruction de capital pour rétablir une marché favorable. On met radicalement les pays en compétition pour l’importation de capitaux, qui mène là aussi à une destruction de tous les modèles sociaux et entraves au profit, soit à une guerre directe qui détruit du capital fixe. Ces rivalités se traduisent par des conflits monétaires ou militaires visant à détruire le capital à grande échelle pour purger le système, un mécanisme nécessairement fondé sur l’échange inégal, la coercition et la formation de monopoles.
Impérialisme financier : concurrence générale et prélèvement de la richesse
L’impérialisme fonctionne comme un système historique (qui commence bien avant le capitalisme par ailleurs) de prolongement des dominations. La forme financière est récente mais déterminante, car elle est la structure de permutation du capital. Il ne peut jamais atteindre une liquidité totale peu importe l’investissement, car il y a des capitaux fixes nécessaires à la valorisation, mais la financiarisation a eu pour but de procéder à une mise en concurrence des capitaux et de la valeur, par exemple du travail au niveau mondial. La finance permet de faire cet aiguillage des capitaux qui cherchent une rentabilité, tout permettant de préserver la hiérarchie internationale de la production.
C’est pendant la période de baisse du taux de profit, dans les années 70 que le développement de la finance redevient une nécessité. En effet pour remédier à cette baisse, une solution est la possibilité pour les capitaux de se déplacer plus vite pour aller chercher une meilleure rentabilité. C’est la structure que nous avons évoquée de domination hiérarchique : les US gardent la conception des produits dans une dispositions impérialiste pour déléguer les travaux d’assemblages à des pays moins développés et capter le maximum de survaleur avec les travaux à forte valeur ajoutée. C’est à la fois un moment de baisse du taux de profit, de mise en concurrence généralisée des travailleurs pour y remédier. Cela a néanmoins comme effet pour les US de détruire leur capacité réelle de production industrielle dans son pays, rendant donc le capitalisme totalement dépendant du travail des pays du sud, et incapable de se retourner si l’impérialisme ne travaille plus exclusivement dans son sens, c’est bien le cas de Trump actuellement [^11].
C’est notamment dans les années 70 que se développe un réseau d’acteur, animé par l’idéologie néolibérale ; le monde intellectuel précédant toujours la mise en oeuvre politique, c’est dans les années 80 et 90 qu’elles prennent leur prolongement légale. Parmi les ordures de cette époque des institutions, financées par des entreprises et qui produisent de la théorie et des statistiques néolibérale comme the Heritage Foundation, the Hoover Institute, the Center for the Study of American Business, et the American Enterprise Institute. On peut évoquer aussi le rapport secret rédigé par Lewis Powell, futur juge à la cour suprême, qui écrit un rapport nommé Attaque sur la libre entreprise en 1971 au vice-président de la Chambre de commerce américaine, il s’inscrivait aussi dans la lutte anticommuniste, très féroce à ce moment là. On pourrait parler également des doctrines autoritaires proposés par Huntington dans le rapport de la Commission triennale en 1975, pour régler les problèmes de gouvernement, mais l’important est surtout de comprendre qu’il n’y a pas seulement un ou deux penseurs, mais c’est bien tout un sujet collectif autoritaire, et pour un conservatisme radical de la société capitaliste, qui pense un moyen de se conserver dans la société sans rien céder sur l’organisation politique et la domination et l’extraction du profit.
C’est bien ce que l’on a expliqué sur le début du néolibéralisme. Elle intervient dans les années 80 et 90 pour faire pression sur le coût du travail international, mais plus généralement sur toutes les marchandises. Ce système fonctionne historiquement comme un système impérialiste qui va fracturer les économies des pays du sud, déjà dominés pour pouvoir réaliser des taux de profits plus avantageux que sur leur marché, mais pas uniquement : les acteurs de la finance (fond de pensions, OPVHM, banques d’investissements etc.) ne subissent pas les crises mondiales en tant que classe (en tant qu’individu, c’est possible) : elle les organise, les exporte, puis en rachète les restes, c’est ce système d’échange violent et inégale qu’on appelle mondialisation financière. Les US ont largement contribué à la mise en place de ce système financier international qui sert principalement l’Etat US et les capitaux des pays du nord. Ce système est constitué par Wall Street - Trésor US - FMI [^12] vient en force pour obliger les pays à une structure de production qui détruit la vie locale, au sens propre. Le FMI particulièrement est l’institution officielle de la dépossession. Après le choc Volcker en 82, les aspects les plus keynésiens modérés du FMI disparaissent pour se réaligner uniquement sur la politique de marché. Il faut entendre pillage de marché. C’est dans cette institution que se développe les programmes d’ajustement structurel, qui sont une liste de condition d’accès à une aide financière pour des pays déjà mis en pièce par les politiques capitalistes. Les demandes sont toujours les mêmes : privatisations, coupes dans les budgets sociaux et flexibilisation du travail. Le but du FMI dans ses interventions de crise est avant tout que les banques internationales (américaines et européennes) soient remboursées, ce qui exige on va le voir, une destruction du niveau de vie et des infrastructures et de nombreux morts. On pourrait illustrer ce mécanisme avec beaucoup de cas historique (Argentine 2001, Russie après 1991, Grèce en 2010 etc.) mais qui ne sont que les illustrations historiques les plus claires, les cas d’écoles, car ce mécanisme se reproduit de manière hétérogène et locale dans les endroits investis par du capital US. Nous allons reprendre rapidement la cas de la crise asiatique de 1997 pour montrer comment se déroule le schéma Inondation → Dépendance au Dollar → Retrait Brutal → Pillage.
Ce mécanisme de pillage des pays et d’utilisation de la dette comme arme, est possible car il y se produit dans le monde de l’échange hiérarchique de l’impérialisme. Dans les années 90, le néolibéralisme et il n’est plus possible pour aucun pays de vivre en dehors des échanges mondiaux pour son indépendance. Quand ils veulent entrer à l’OMC, comme la Thaïlande en 90, c’est sous la pression du Consensus de Washington : Wall Street - Trésor US - FMI qui envoient des masses de dollars à des taux bas aux banques Thaïlandaises. L’inondation en Asie ne se fait donc non pas selon une demande en dollar des pays asiatique, mais par une immense offre de monnaie US (source), de capital fictif plus exactement, qui est injecté par les banques et institutions financières. Les taux d’intérêt US ont largement baissé en 90 passant de 8 % en 1990 à 3 % en 1992 (besoin de souffle pour le refinancement public de la dette US et pour le crédit privé lié à la crise des Savings & Loans). Cet argent peu cher va donc arriver dans les banques puis les autre institutions financières, mais le capital n’a aucun intérêt à laisser cet argent aux US avec un taux si faible. Le capital cherche du rendement ailleurs et il va notamment aller sur le marché asiatique, par exemple en Thaïlande, ou le taux d’intérêt des banques est de 12%. Les banques US et japonaises prêtent massivement aux banques locales thaïlandaises ou coréennes à des taux de 4 à 5 % (avec une encaisse sure de 2% avec la différence de taux avec la FED). Les banques qui reçoivent ces dollars et prêtent dans la monnaie locale à des taux de 12 ou 15%. C’est une occasion de profit important pour tout le monde, pour les entreprises, elles peuvent emprunter des dollars moins cher (6% d’intérêts) pour investir, ou directement en baht, avec la promesse du gouvernement thaï de garantir la parité 1/25 du dollar avec le baht. Cependant, en même temps que cela créer de l’activité économique, c’est aussi une dangereuse dépendance au dollar (pour emprunter et rembourser). La crise qui arrive en Thaïlande est double, c’est à la fois une bulle de l’immobilier qui a été nourri par la dette peu chère, cependant en 96 le taux de vacances des immeubles étaient de l’ordre de 20%, ils avaient été construit pour un marché qui n’existait pas. Les promoteurs font défaut puis impact les banques ce qui déstabilise l’économie Thaïlandaise, à cela se conjugue un autre problème qui est la remontée du dollar face au yen en 95. Le baht est ancré au dollar, immédiatement ses exportations sont moins intéressantes, et les investisseurs trouvent également les taux du baht moins intéressant par rapport aux risque, et dans les milieux financier, il devient évident qu’une bulle se forme dans l’immobilier, donc tous les investisseurs se retirent de Thaïlande. Le problème de la dépendance au dollar survient quand les banques US refusent de renouveler les prêts courts libellé en dollar pour renouveler la dette des banques. Alors quand la Thaïlande doit rembourser les dettes, selle doit le faire en dollar et brûle vite ses réserves. Ils doivent donc vendre des quantités massives de monnaies locales pour acheter des dollars mais aussi des actifs actifs ou de la monnaie qui chute énormément. En plus de cela les autres investisseurs qui se retirent vendent aussi la monnaie pour racheter des dollars, la faisant chuter encore plus, de l’ordre de 50%. Il y a alors une vente coordonnée de monnaie locale, qui s’effondre, parce qu’elle n’est plus soutenue par aucune offre, alors que les investisseurs récupèrent des dollars, et la dette des entreprises asiatiques, libellé en dollar explose complètement ayant des répercussion majeures dans tous les pays impliqués : Corée du Sud, Japon, Indonésie etc. En Thaïlande, la dette extérieur totale à triplé en 6 ans entre 91 et 97, passant de 28 à 90 milliards. La part de dette court terme et donc à rembourser rapidement est passé de 15% à 50% du volume total de la dette Thaï. Pour la Corée en 97, sur les 100 milliards de dollar empruntés à court terme, il n’avaient une réserve que de 30 milliards de dollar. Cela se traduit bien sur avec un bilan humain lourd, en terme de suicide, d’augmentation du chômage, de dégradation de la santé, de détresse etc. On a vu dans les années suivantes s’imprimer la discipline néolibérale dans ses pays, par la peur, et par la violence réelle des structures de production et de soin.
Mais en réalité la dette que le pays doit aux banques US va être utilisé comme une arme impériale de contrainte des économies locales. Cependant ce n’est pas la fin du processus d’extraction de la valeur. Le FMI intervient à la faveur de la crise des liquidités, pour proposer un plan pour refinancer l’économie en besoin de dollar. Il va cependant poser comme conditions que le pays mettre en place un programmes d’ajustement structurel comprenant des privatisations massives, la suppression des subventions sociales, application d’un programme d’austérité, licenciement des fonctionnaires, privatisation du patrimoine etc. Cela correspond en réalité à la destruction de l’épargne et du travail et des vies réelles pour faire fructifier du capital fictif en détruisant aussi l’état économique du pays, qui n’a plus de soutient de l’Etat. Les banques et les fonds de Venture Capital reviennent pour acheter le capital fixe dévalorisé parce que les entreprises ont fait faillite pour une fraction de leur valeur réelle. C’est de ce genre de mécanisme dont parle Harvey quand il parle d’accumulation par dépossession, c’est la façon dont procède le capitalisme rétablit le taux de profit par des système de pillage qu’ils imposent eux-même, comme la pénétration militaire hier, c’est la nouvelle forme de la colonisation diffuse dont les fonds spéculatifs, fonds de placement, banques d’investissement sont les porte flingue. Les pays de la périphérie sont à la merci de ce genre de mécanisme avec leur monnaie plus faibles, ils servent d’aménagement ou de soupape à la fois pour absorber les capitaux excédentaire peu profitable, mais aussi pour détruire de la valeur réelle mais qui n’appartient pas à la finance pour rétablir les taux de profit par la destruction de capital qui est subie entièrement par les pays de la périphérie. Pour la crise de 97 par exemple, en Indonésie, plus de 40 millions de personnes tombent sous le taux de pauvreté absolue. Les élites locales sont le soutient le plus souvent de ce type de politique car ils y voient l’opportunité de rejoindre l’élite du capital financier mondial.
La crise du asiatique, comme toutes les autres est bien un mécanisme impérial, qui s’introduit violemment, pique tout, et s’en va laissant les pays en ruine pour produire un taux de profit. Mais cette crise n’en est une que pour la Thaïlande et la Corée, ce processus a par contre servi à renforcer les institutions financières. Elle en retire de nombreux bénéfices :
- Élimination des concurrents au sud, car la crise va diminuer le nombre de capitalistes du sud et réduire la pression à la concurrence.
- Gain de capital en droit de propriété industrielle, le capital fixe des pays du sud sont achetés pour une fraction de leur valeur réelle. Les équipements industriels de pays du sud appartiennent donc à des entreprises US.
- Captation de la valeur par l’augmentation mécanique des dettes privées, elles sont libellés en dollar, la remontée des taux qui créent la crise augmente par là les dettes des entreprises privées locales, qui envoient donc un cashflow constant vers les nœuds du néolibéralisme pour l’utiliser dans la spéculation financière.
- Financement de l’économie US par baisse du dollar, car en cas de crise comme en 97, tout le monde repart vers des actifs sur, et le plus sur est le bon du trésor US, la dette US (marché le plus liquide, le plus profond, le plus prévisible du monde). Mais comme tout le monde achète ces bons, le taux d’intérêts de chaque bon baisse et il devient plus facile d’acheter de la dette et les US ont donc une immense masse de cash pour financer l’économie US.
Le passage à un “néolibéralisme administré” après 2008 n’a pas réduit la taille de l’État ni la dépendance à l’endettement, mais a simplement transféré une partie de la dette privée vers la dette publique (source). L’Etat acquiert une fonction de gestion du risque financier par le rachat et l’orientation de masse de capital. La domination impérialiste de la finance n’est pas un pouvoir abstrait, mais très pratique car il ne tient pas de manière autonome. En effet si la finance marche si bien comme système d’orientation pour les US des capitaux suraccumulés, c’est parce qu’elle peut se baser sur la domination monétaire du dollar qui leur autorise à avoir un déficit quasi permanent et avoir une économie de consommation reposant presque exclusivement sur de la dette (Entre 1999 et 2006, environ 94 % des nouveaux actifs acquis par les ménages l’ont été avec de l’argent emprunté. En 2005, l’endettement des ménages atteignait 120 % de leur revenu disponible). Le dernier membre de cette hégémonie est bien sur la violence comme mode de contrainte et d’accumulation, qui sert à maintenir par un corset la hiérarchie centre périphérie. Cela correspond à la structuration de doctrines et d’une littérature et de pratiques contre insurrectionnelles et autoritaire au sein des instances de gérance du capitalisme et des universités. La politique est pensée comme simple support du marché, c’est un mouvement de dépolitisation totale des sociétés concluent simplement comme un agrégat de consommateurs. La société est pensée comme marché total qui doit soumettre les individus à cette loi implacable [^13].
The debt squeeze on the very poor countries of the so-called Global South will intensify in 2026. The combined external debt of ‘low- and middle-income’ (LMICs) countries has hit an all-time high of 1.2 trillion owed by the 78 mainly low-income countries eligible to borrow from the World Bank. Low- and middle-income countries paid out 415 billion in interest alone next year—resources that could have gone to schooling, primary healthcare, and essential infrastructure. And the latest World Inequality Report 2026 reveals the stark cleavage between rich and poor in the world – a division that is getting wider to the extreme. Fewer than 60,000 people – 0.001% of the world’s population – control three times as much wealth as the entire bottom half of humanity. The top 10% of the global population’s income-earners earn more than the remaining 90%, while the poorest half of the global population captures less than 10% of total global income. Wealth – the value of people’s assets – was even more concentrated than income, or earnings from work and investments, the report found, with the richest 10% of the world’s population owning 75% of wealth and the bottom half just 2%.
Impérialisme monétaire : verrou des pétrodollars
Il y à tout un ensemble de raison historiques pour lesquelles le dollar a une position aussi hégémonique au sein du capitalisme mondial. Mais il n’est pas besoin de refaire tout l’histoire de l’étalon-or et des compromis de Bretton Woods pour identifier les deux points qui font du dollar une arme décisive dans l’économie mondiale : 1 - La fin de l’étalon-or et le flottement des monnaies imposé par Nixon à partir de 71 et 2 - La labellisation de tous les échanges de pétrole mondiaux en dollar depuis 1970.
En 1971, toujours pris dans un cycle de l’économie descendante et face à un problème de plus en plus patent de suraccumulation, Nixon tente un coup de force. Le dollar était jusque là convertible en or à un taux fixe, et e disposant plus d’assez de réserve d’or (le dollar avant 71 était convertible en or), et les autres pays étant de plus en plus pressant pour changer leur dollar en or, Nixon est donc obligé de faire un choix sur la question de la conversion. Il choisit de suspendre unilatéralement le système or-dollar le 15 août 1971. Il impose en même temps une taxe douanière pour forcer les autres pays à réévaluer leur monnaie. La valeur du dollar et de toutes les autres monnaies est déterminée par le marché. Le dollar était déjà dans une position très favorable avant 1971, mais grâce à cette décision de Nixon, à la fois pour soutenir la consommation artificielle, et pour continuer la guerre du Vietnam, les US arrivent dasn une position encore plus hégémonique. Désormais, l’Etat US a la main, par l’intermédiaire de la FED sur le taux du dollar, mais aussi par là sur les autres autres monnaies qui s’apprécient sur le dollar. Ce qui veut dire que les US peuvent pour eux dévaluer leur monnaie pour baisser artificiellement leur coût de production, comme leur monnaie leur monnaie coûte moins chère et redevenir donc compétitif avec les pays extérieur (Japon et Allemagne dans les années 70). C’est notamment grâce à ce mécanisme, qu’ils vont dans les années 70 transférer une bonne partie de leur fardeau de surcapacité et de baisse de profit et de leur inflation aux autres pays. comme le commerce mondial est en dollar, l’inflation du dollar est aussi l’inflation mondiale. Cela a donc un effet sur l’économie mondiale. Mais le mécanisme de levier majeur qui fonde la domination du dollar, c’est bien la position qu’il a dans les échanges mondiaux de pétrole.
Le seconde mécanisme de la domination du dollar, ce sont les Pétrodollar. Les dollars n’étant désormais plus dans un taux de change fixe avec l’or, sa valeur ne se repose plus sur rien. Les US, par l’intermédiaire de cet immonde rat de Kissinger commence à nouer des accords après 71 avec les pays du golfe pour que le pétrole devienne la nouvelle base matérielle du dollar, et que les échanges de pétrole mondiaux se fassent en dollar. Dès 74, les accords sont conclus, et le pétrole mondial est échangé uniquement en dollar, ce qui donne encore plus de contrôle sur l’économie mondiale par le truchement du marché énergétique. De plus selon les accords conclus, les pays de l’OPEP, l’Arabie-Saoudite en tête s’engagent à recycler leurs surplus de dollars en bons US et en armement US. l’Arabie Saoudite étant le swing producer, les autres Etats de l’OPEP suivent dans la foulée. Cela créer une très importante dépendance au dollar, et une demande constante, car tous les pays ont besoin d’énergie et de pétrole, et pour en acheter, il faut forcément des dollars, peu importe à qui. Cela permet bien sur de soutenir la valeur et la confiance que l’on accorde au dollar, dans tous les cas, la monnaie reste stable car elle assure la fourniture mondiale en énergie. Mais cela créer un autre effet pervers qui est le recyclage des pétrodollars. Etant donné que tous les pays ont des gros stocks de dollars, mais que ceux-ci ne peuvent pas être simplement immobilisés, il faut en faire quelque chose. La quasi totalité du temps, ces réserves de dollars sont utilisés par les pays qui exportent beaucoup aux US (Chine, pays de l’OPEP) pour pouvoir acheter des bons du Trésor américain, finançant ainsi la dette des États-Unis. C’est en quelque sorte un système de tribut mis en place par les US. C’est à dire que cela permet aux USA de vivre au-dessus de leurs moyens (déficits records) en étant financés par le reste du monde. D’un côté donc les US ont accès à des montagnes de pétrodollars pour partir dans l’investissement, de l’autre des pays du sud, dominé dans la mondialisation, et dont les Etats attendent des investissements. Les banques qui ont alors accès à ces investissements énormes vont les rediriger vers des économies comme celle du Mexique, dette extérieure du Mexique est passée de 6,8 milliards de dollars en 1972 à 58 milliards en 1982. C’est une forme d’impérialisme où les pays dominés (producteurs) fournissent les biens et le crédit, tandis que le pays dominant (USA) fournit la monnaie et la demande. Ce système de tribut est bien sur renforcé et amplifié par les autres systèmes impériaux (comme celui l’infraction dans les marchés par le trésor US etc.) qui permettent à tous les pays de financer la dette US et en même temps d’en être dépendant pour pouvoir consommer de l’énergie.
US a à la fois la main sur un système de profit pour rien et de crédibilité totale. On a pas encore parlé de la dédollarisation en cours dans certain pays et parler du système SWIFT et des utilisations, des blocus à Cuba, etc. En gros ça met tous les pays consommateurs d’énergie, c’est à dire tous dans un besoin de dollar, même ceux qui essaient d’y résister comme la Chine. En pouvant, d’un mouvement de leur monnaie, comme on l’a vu assez en détail avec la crise de 97, c’est là que se trouve l’empire US sur les autres pays, et s’oppose à toute indépendance ou système du BANCOR, ni monnaie asiatique après 97, veulent absolument garder ce contrôle ferme. Leur existence tient largement au dollar, c’est le point décisif de leur hégémonie.
Impérialisme militaire : soutien par le SMI et répression
*Aller chercher quelques données et exemples : Seymour Melman, The Permanent War Economy (1974) explique comment le CMI a transformé l’économie US en une économie de guerre permanente, où l’efficacité industrielle est sacrifiée au profit de la puissance technologique militaire. Claude Serfati, L’Économie française (et ses travaux sur le CMI), un des meilleurs analystes actuels du “système productif d’armement” comme fusion de l’État et du capital financier. Il explique que l’armement est le “bras armé” de la mondialisation financière.
Le système financier et la domination du dollar font peser un très lourd fardeau pour la production des autres pays du monde qui les rendent dépendant ou totalement dominés dans la captation de la valeur par le centre et dans leur condition de vie même : le travail forcé d’extraction du Cobalt pour les pays du nord, expulsion des Green Grabbing en Afrique par les entreprises énergétique (Total, Shell etc.). Or on ne fait pas vivre les gens dans un niveau d’indignité dans lequel les fait vivre le capitalisme sans un minimum de contrainte. Les US ne sont bien sur par le seul pays à mettre en place des politiques de guerres contre les peuples. Les Etats de la périphérie sont d’ailleurs les relais parfois les plus zélés de la violence du centre dans la mesure où ils en tirent bénéfice.
Pour les US, la puissance militaire est un mécanisme qui permet de confirmer la hiérarchie centre périphérie politiquement, mais qui permet aussi de rester consommateur en dernier ressort” de la planète et de faire passer son déficit chronique comme fiable. La domination militaire assure que le dollar reste la monnaie de réserve mondiale. Tant que le dollar est la monnaie de référence, les USA peuvent s’endetter sans limite pour compenser leur perte de profitabilité industrielle.
Ce n’est pourtant pas la seule raison, en effet, l’armement et les technologies de guerre constitue à la fois un socle politique de fusion entre Etat et compagnies privées pour former le CMI, complexe militaro-industriel US. Le CMI n’est pas une institution en soi, mais c’est un concept que l’on utilise pour désigner les relations qui de pratiques de financement et de cohésion d’intérêt entre le secrétariat à la défense US (le Pentagone), les entreprises privées de la défense US (Lockheed Martin, Boeing, Raython etc.) et les instances politiques US. Il sert en plus de l’hégémonie violente, à assurer un débouché aux surplus de capitaux US en les envoyant directement dans les dépenses militaires. La recherche et développement (R&D) est donc financée par le contribuable par l’intermédiaire de l’Etat, mais les brevets et les profits restent privés, c’est encore un mécanisme de transfert de l’épargne publique vers le privé. Le CMI qui existe depuis le années 50 est structurel dans le capitalisme surtout US (Sous l’impulsion du CMI, les dépenses gouvernementales sont passées de 8-9 % du PNB dans les années 1920 à 25 % du PNB dans les années 1950), il correspond au moment du néolibéralisme administré dans lequel l’Etat à une place stratégique, le CMI permet à la fois d’aiguiller le profit suraccumulé, mais permet de faire de la commande publique pour soutenir le taux de profit de ces entreprises. Le système se nourrit entre besoin d’armement et investissement dans l’armement. On peut dire qu’il fonctionne comme la chose la plus proche de la totalité historique capitaliste car les acteurs qui sont passés de l’une à l’autre des ces institutions, qui partagent en fait sujets collectifs, pratiques et vision du monde commune qui articule les intérêts économiques privés et les politiques publiques. Le CMI est le mode achevé de la gouvernance néolibérale, autoritaire, et violente. Il sert à la fois à réguler la suraccumulation du profit par les commandes militaires, ce qui assure par là privatisation des profits de R&D des entreprises qui ne prennent aucun risque d’investissement (l’Etat paie) et pose des brevets pour avoir des profits assurés, il y a une rente du privé sur l’investissement public. Cette détermination économique et de gouvernance par l’investissement militaire, qui correspond à fois au besoin du militaire et une tendance capitaliste à l’expansion, détermine aussi l’état d’esprit paranoïaque des US depuis les années 70 comme le dit Hofstadder. En effet, a partir du CMI, pour justifier les dépenses auprès du congrès, il faut entretenir un état de menace permanente (la “politique de la peur”), créant ainsi le besoin de nouvelles armes.
C’est d’ailleurs juste au commencement des années 70 que les contradictions du capitalisme refont surface et que le taux de profit baisse à partir de 65 à cause de la surproduction. Les US à cette époque doivent négocier entre sa guerre impérialiste et anti-communiste contre le Vietnam et la consommation intérieure qui est financée par le dette également, le coût de cette guerre est estimé à environ 686 milliards de dollars (valeur 2009). Ils impriment massivement des dollars simplement pour couvrir la dette, ce qui conduit à la rupture de 71, car les US n’ont plus assez de réserve d’or pour changer tous les dollars en circulation. En résumé, la « crise de gouvernabilité » des années 1970 est le résultat de ce blocage : un État surchargé de revendications sociales, une économie militarisée et un capitalisme qui, ne trouvant plus de rentabilité interne, a dû initier une « contre-révolution » néolibérale pour briser le pouvoir des travailleurs et restaurer sa puissance par la finance. Une des raisons du dynamisme des US, c’est aussi le rapport à son complexe militaro industriel particulièrement dynamique. On l’a déjà vu dans la partie II, l’Etat a pris une part bien plus importante dans l’investissement et la direction des masses de capital pour répondre à la concurrence rendue encore plus intensive par l’organisation néolibérale du capitalisme. C’est peut-être la seule carte US à jouer, de tenter une alliance entre la puissance nationale et le capital de la tech = mélange entre impératifs économiques et sécuritaires = accumulation privée car carnet de commande vient de l’Etat et donc de la population US.
Cette synthèse de la violence en dernier recours du capitalisme s’illustre bien dans la guerre en Irak menée par Bush dans les années 2000. C’est dans la logique de l’accumulation par dépossession, Bush essaie non pas de voler le pétrole, mais de s’assurer que le pétrole traité en Irak le soit pas des entreprises US pour s’assurer qu’ils restent en circulation dans le système des pétrodollars, et garder ainsi la puissance du dollar intacte (Sadam Hussein avant commencé à vendre son pétrole libellé en euro en 2000). L’intérêt de cette guerre du point de vue du CMI, c’est aussi de pouvoir enfin utiliser le capital investi dans les entreprises de guerre, les bombes, balles, drones, et justifier aussi par la même occasion les budgets investis et les prochains. C’est aussi l’occasion de faire intervenir des entreprises privées comme Blackwater pour recommencer le transfert de richesse public privée. [^14] Ces investissements permettent de faire la guerre = terrain d’expérience pour répression des population, reprendre Rigouste là dessus. On voit que l’intervention joue sur tous les fronts, elle désigne un ennemi extérieur, elle permet de liquider le capital suraccumulé, on créer des marchés pour les entreprises US en Irak, et on soutien la monnaie par une intervention qui permet de justifier la prochaine. Le CMI est le pivot politique et économique des US qui intervient après le bélier financier si il n’est pas assez efficace pour ouvrir un pays aux capitaux US et surtout aux conditions US. Il est aussi au cœur d’un Système National d’Innovation (SNI) spécifique, où l’État impulse le développement technique, par l’orientation de la R&D des entreprises tournées toujours plus vers le militaire. Cependant, ces investissement sont médiocres historiquement pour l’augmentation de la productivité, car les innovations sont entièrement tournées vers la domination guerrière.
Face à la structure des US que nous avons décrite et que nous allons synthétiser et actualiser dans la dernière partie, on comprend que les US ne sont pas réformables, car de leur place dépend leur hégémonie, ils sont trop encastrés dans la dépendance à la guerre, et à la finance soutenue par le dollar. La seule solution viable pour les US pour conserver une position de domination (qui ne ferait que renforcer une crise qui arriverait plus tard) leur seule solution reste le contrôle des réserves de pétroles pour avoir une hégémonie de l’énergie ( ce que fait Trump au Vénézuela et en Iran, et en Irak avant) et garder un dollar central dans les échanges mondiaux, et tuer dans l’œuf les tentatives de dé dollarisation des échanges de pétrole entamés par la Chine et l’Iran mais nous reviendrons sur cela dans la dernière partie. Repli sur une hégémonie prédatrice, faite de violence, uniquement avec des alliances ad hoc, et un pouvoir arbitraire. Mais la violence comme mode de gestion global a quand même un coût économique, la surexpansion et les déficit des US, ainsi que la perte de rentabilité même de la soupape du CMI rendent le dollar nécessaire à leur survie et les guerres doivent toujours aboutir à une victoire, sinon c’est en pure perte. La logique même de la guerre va contre la production directe de taux de profit en déstabilisant les marchés.
Il faut comprendre que le niveau des violences qui correspondent au mouvement du capitalisme, que ce soit direct et indirectes (licenciement ou police par exemple) sont fonction du taux de profit. Le complexe militaro industriel lui-même est un outil politique et financier qui canalisent les capitaux vers l’industrie de la guerre en fonction du besoin politique. C’est à la fois un mécanisme de régulation de la suraccumulation et de sa continuité par la domination de la violence impérialiste.
Quand il baisse, on a bien vu que le salaire est loin d’être la seule variable, mais quand cela arrive, les capitalistes utilisent tous leurs leviers, et donc la violence à l’encontre du travail abstrait pour qu’il soit plus généralisé sur la planète, privatisé, long et intense pour produire le plus de survaleur. La violence médiatisée que suppose le néolibéralisme se déverse donc sur la planète. Le but est d’imposer le contrôle par la valeur abstraite, de faire accepter n’importe quel emploi, de former la masse des chômeurs selon les besoins du capital. Le néolibéralisme, comme impérialiste est un système raciste qui se développe en hiérarchisant les zones de la production et en forçant la fixation des populations (recours à Frontex) pour accepter les conditions de travail de plus en plus dégradées. Le néolibéralisme est un mode de gouvernance politique pour le centre et la périphérie autoritaire et violent. Donc violence dépend du taux de profit et du degré de proximité avec les institutions de fonctionnement du capitalisme mondial. Il y a un sacrifice de plus en plus important de l’Etat en tant que vertu bourgeoise (liberté politique, de s’exprimer, de ne pas être discriminé etc.) pour lui faire tenir son rôle d’accumulateur qui exige une répression renouvelée.
Cependant, le CMI est le versant international et “exceptionnel” de l’impérialisme US qui va faire la guerre à l’étranger. La guerre est devenue aujourd’hui une continuité, elle se produit partout à bas bruit pour imposer l’ordre capitaliste raciste, même à l’intérieur des pays et contre les populations. Le Complexe Militaro-Sécuritaire, CMS comme le CMI est en même temps une dynamique institutionnelle de répression et de continuation de l’ordre raciste, mais aussi une occasion d’y injecter du capital pour le rendre profitable, c’est un débouché de plus pour les surplus de capitaux qui investi aussi le CMI. En Europe, le cas de ce système de contrôle des population est L’agence européenne pour la gestion de la coopération opérationnelle aux frontières extérieures des États membres de l’Union européenne, surnommée Frontex, l’équivalent aux US est beaucoup plus intégré directement avec l’Etat, c’est le Departement of Homeland Security constitué entre autre de la Customs and Border Protection (CBP) et de Immigration and Customs Enforcement (ICE). L’Etat US achète pour ces deux agences, des drones et des systèmes de surveillance qui sont également utilisé sur les zones de guerre, tandis que l’ICE délègue ses arrestations administratives à des entreprises de prison privées comme CoreCivic ou GEO Group. Et cette dynamique n’est pas prête de s’essoufler : le projet IFT (Integrated Fixed Towers vise à implanter des centaines de tours de surveillance construites par Elbit Systems ou General Dynamics (sources de ça). De même aux US qu’en Europe, ces mesures ne visent jamais à la sécurité car les entreprises qui vendent les armes, sont les mêmes que celles qui vendent les systèmes de surveillance et de défense (voir rapport Border War).
Le deuxième élément à noter est le suivant : une conséquence d’envergure de l’élargissement de la propriété étatique marchande et des activités croissantes des structures hybrides État-capital est que l’État possède ou contrôle une masse de plus en plus importante du capital. Comme mentionné précédemment, ce capital étatique prend, de fait, une place de plus en plus prépondérante dans la dynamique de reproduction élargie du capital. Ajoutons ici que, de fait, ce capital est à la fois centralisé sous forme de propriété entre les mains de l’État, et distribué spatialement à travers le tissu économique de la mondialisation. Un peu comme du mercure liquide, le capital étatique circule et s’agrège autour des nœuds clés des réseaux stratégiques de la mondialisation, qu’ils soient commerciaux, productifs, financiers, infrastructures, ou technologiques, afin d’en assurer leur contrôle, et pour générer des profits pour une minorité. Cette centralisation de capital sous impulsion de la propriété étatique constitue donc une forme tout à fait surprenante de socialisation de la production et du travail privé. Cela s’explique cependant par rapport à la nature du CMI dans l’histoire historico-politique US. Le CMI est un organe informel, mais historiquement existant, qui s’explique par les pratiques communes d’un sujet collectif (Revolving door) qui produit un organe d’intégration politique et économique totale. Il sert 1. a aiguiller le profit et l’épargne publique vers la défense 2. légitimer l’usage de ces technologies pour la “sécurité” et la “lutte contre l’immigration” et 3. administrer politiquement l’accumulation financière en organisant la répression des minorités et mouvements politiques dans les pays et l’extraction du profit réel dans le travail. Ce sont donc aussi comme totalité des espaces de profit, la guerre et les frontières sont des espaces de marchés, ou sont confondus guerre contre le terrorisme” et la “lutte contre l’immigration”. C’est le dernier stade du néolibéralisme administré et violent. Le complexe militaro-industriel n’est pas seulement un secteur de production, mais un régime politico-économique où la force militaire est utilisée pour compenser le déclin de la domination économique et maintenir l’hégémonie mondiale par la contrainte. Mais ce n’est pas une domination sans conséquences, cela expose les US à devoir être dans une dynamique de guerre permanente ou presque, que ce soit à l’intérieur ou a l’extérieur. C’est une nécessité politique pour maintenir son hégémonie et économique pour avoir un débouché au capital accumulé. Il est donc fragile dans l’interdépendance avec l’Etat et le too big to fail, ce système à besoin du dollar. L’orientation vers la guerre qui car le CMI a tendance à dominer les affaires politiques en exagérant la réalité des menaces extérieures pour justifier son existence et ses budgets peut envoyer, comme aujourd’hui les US dans le mur mais vu la contrainte de leur dynamique d’accumulation, c’est la seule solution sans changer tout l’appareil productif US.
VI. L’intenable position économique des US
Voilà qui nous amène à la situation US actuelle en 2026. Pour résumer ce que l’on a dit, les US sont pris dans une dynamique descendante. le taux de profit baissant à partir de 65 à cause de la surproduction, les US ont du changer leur fusil d’épaule. La nouvelle tactique s’appelle le néolibéralisme et va consister à une prise de pouvoir de la finance à travers les années 80 et 90, pour faire pression sur le travail et continuer à produire des taux de profit à travers l’exploitation financière. Ces années ont été marquées par une stagnation émaillées de chocs comme celui de 80-82 et des mesures violentes comme le choc Volcker. A partir des années 2000, les crises se font de plus en plus violente, jusqu’à celle de 2007, qui va déclencher la grande récession. Cette seconde phase à partir des années 2000 correspond au néolibéralisme administré qui voit l’Etat comme un acteur à nouveau décisif 1. pour racheter la finance quand elle explose et renflouer les banques, ce qui illustre son rôle majeur à savoir orienter l’épargne la dette privée vers la dette publique et les recettes vers le capital privé, on socialise les pertes et on privatise les profits 2. l’Etat sert aussi à travers le CMI et CMS à maintenir cet ordre hiérarchique du travail mondial, dominé par les capitaux financiers qui se déplacent. L’organisation capitaliste parait, après tout cet exposé, trop complexe et bien rodé pour pouvoir l’abattre. En fait le capitalisme US est grévé de faiblesses qui sont la résultante des contradictions des actions que les capitalistes US ont mis en place. Selon moi, on peut diagnostiquer huit points faibles de l’économie US qui vont dans tous les cas, leur faire perdre leur position hégémonique dans le monde. Les voici :
- Le taux de profits stagnant
Les US, et globalement le monde est arrivé dans une économie de croissance longue. Pour remonter les taux de profit, il faudrait soit une destruction de capital d’une ampleur inédite, soit bien une innovation. Je ne parle pas celle de l’IA, dont on voit qu’elle augmente peu de productivité réelle, il faut quelque chose de l’envergure de la machine à vapeur ou de l’électrisation. Par exemple la fusion nucléaire maîtrisée.
L’économie US montre la limite qui est en train d’atteindre le néolibéralisme administré, qui utilise la dette publique pour soutenir les entreprises privées dont la dette explose également. En fait la dette publique, finance la dette privée, qui ne peut pas se rembourser, parce qu’elle n’est pas assez productive, c’est le problème des entreprises zombies qui bloquent le capital. Ces entreprises non productives essaient de répondre par l’augmentation des services de circulation du capital : marketing, communication. Mais c’est aussi un cout pour la capital, ce qui diminue sa productivité, et le pousse à investir d’autant plus pour trouver des marchés etc. Au prix d’une pression sur les salaires, on dégade aussi le marché de l’emploi, avec un travail peu rémunérateur et peu productif, donc peu de débouchés, et une surproduction qui s’accumule.
Donc protectionnisme qui vise à relancer la croissance intérieur par l’investissement et droits de douane à l’ext, mais ici, pas plus de création et chômage qui augmente et en même temps, balance commerciale qui se casse la gueule alors qu’elle devrait être positive car relance du marché intérieur et donc exportation. Trump essaie, comme d’autres pays à l’international, d’utiliser l’Etat comme un levier d’investissement pour tenter de relancer leur économie, on peut par exemple évoquer la prise de part du Pentagone dans MP materials, un des plus gros producteurs US de terre rare et accord d’achat pendant 10 ans au double du prix du marché, prise de part de 10% de Intel. L’Etat retrouve sa double fonction de domination politique et de la garantie du fonctionnement du marché. Par la confiscation stratégique de certains biens, les US essaient de garantir à la fois la production de leur système de police et une relance économique.
Donc échec parce que pas d’investissement étatique intérieur massif et intégration trop importante et US économie de consommation et pas de production ⇒ voulait ramener les capitaux avec les droits de douane mais coût du travail bien trop élevé aux US et rendement pas assez élevé pour la production. Crise du capitalisme très différentes de celles que l’on a connu car le capitalisme n’a jamais été aussi intégré, peu de chance d’une guerre aussi mondiale.
Pb sur le secteur agricole US très imp, sur le pétrole a dig et investissement dans IA absolument pas créateur emploi et valeur (cf. article en lien)
Si on reprend l’outil de départ, à savoir les cycles de Mandel, une phase de croissance ne se produit que par l’irruption d’un événement exogène, révolution technologique ou dévalorisation massive. En réalité, selon nous sommes dans une phase de décroissance depuis 70 qui ne veut pas remonter, notamment à cause du capital bloqué. Aux US, les faillites ont bondi de 14 % en 2025, atteignant des sommets inédits depuis 2008. Les BC essaient de purger ce capital non productif. La composition organique du capital (le coût des machines, des serveurs, de l’énergie) reste trop élevée. L’IA demande des investissements monstrueux en infrastructures (GPU, data centers), ce qui pèse lourdement sur le capital investi. Or les entreprises qui font faillite sont aussi des ETI et PME, la “montagne de dettes” des États et des méga-corporations en regard d’une productivité très faible reste intacte. Et on ne voit pas ce qui pourrait faire remonter les taux, soit guerre soit communisme.
Mais le problème est que la tendance actuelle est celle d’un affaiblissement à très long terme, ce qui fait que même si on repart par des facteurs exogènes – ou endogènes –, la dynamique interne du capitalisme est tellement affaiblie que je ne suis pas sûr qu’on puisse repartir très haut. C’est finalement ce qu’on a pu constater avec la crise sanitaire, même si l’outil productif avait été préservé. Le rattrapage a été rapide et les tendances à l’affaiblissement sont redevenues importantes. La Seconde Guerre mondiale a fait repartir le capitalisme, parce qu’il y avait aussi un changement technologique, un changement d’échelle de la production, la deuxième révolution industrielle qu’il s’agissait de diffuser. Et la guerre a accéléré cette diffusion. Et parce qu’il y avait, en parallèle, la possibilité d’un développement de la consommation de masse, qui a commencé à la fin du 19esiècle mais ne s’est développé réellement qu’après la Seconde Guerre mondiale, d’ailleurs en grande partie pour des raisons politiques.
That proved to be the case. Global real GDP growth (at market exchange rates) was about 2.6% in 2025, down from 2.8% in the 2024. The IMF is forecasting no change in 2026. Among the top G7 economies of North America, Europe and Japan, once again the US will lead the pack. US real GDP growth may not be as much as 4%, as the Trump White House forecasts, but it is likely to be over 2% in 2026. However, the rest of the G7 economies will continue to crawl along at less than 1% a year – in effect, close to stagnation.

- La crise systémique Crise économique qui couve et qui va regrouper à la fois la bulle de l’IA, la faillite d’entreprises zombies, tout cela amplifié et propagé par le Private Credit Risque de défaut des entreprises serait forcé de maintenir des taux haut pour lutter contre l’inflation, risques pour les zombies. Les BC remontent leur taux pour combattre l’inflation qui attaque le capital. En faisant cela, elle asphyxie les entreprises zombies, risquant de les mettre en faillite et de le transmettre aux institutions financières puis aux banques qui les détiennent.
L’Etat joue un rôle majeur dans sa phase de néolibéralisme administré entre 2008 et ajd, car le néolib a besoin de l’Etat on l’a vu pour gérer les infrastructures financières et diriger l’épargne, notamment vers les zombies, mais aussi et surtout éponger les pertes du privé par des bailouts. La dette privée augmente de plus en plus pour faire du rachat d’action ou payer des dividendes, et quand le risque devient trop grand, l’Etat intervient quand il y a crise pour racheter les dettes par de l’épargne publique. https://blog.mondediplo.net/la-crise-financiere-qui-vient
In contrast, the stock markets of the Global North have boomed through 2025 and look like continuing to do so, at least in the first half of 2026. The top 10 US tech founders and chief executives possess more than 1.9tn at the beginning of this year and comes as the S&P 500 climbed more than 18 per cent in 2025. All these positive bets on financial assets are founded on the predicted success of makers of artificial intelligence (AI) models delivering productivity-boosting products for all sectors of the economy. The top tech media companies, the so-called Magnificent Seven, are making massive investments in data centres, semi-conductor chips and AI agents and models. To do so, they are draining their cash reserves and increasing their borrowing to fund start-up ‘hyperscalers’ like OpenAI in the expectation that AI technology will be developed and adopted by businesses globally over the next decade. This has created an expanding financial bubble that could burst in 2026. If the returns on massive AI investments turn out to be lower than expected or claimed, that would cause a serious stock market correction. This explains the sharp rise in the gold price in dollars as investors seek a hedge against a possible bursting stock market bubble. AI investment, and fiscal and monetary easing will drive US growth in 2026, but at the cost of rising budget and trade deficits and inflation. This may stop the US Federal Reserve from cutting its policy rate in 2026. However, current Fed chair Jay Powell ends his term in May 2026 and Trump will replace him with somebody who will accede to his demands for rate reductions. That is likely to boost further financial speculation in stocks, pumping up the AI bubble. Consumer spending is increasingly dependent on the top 10% of US income households. As their incomes rise, they are contributing nearly 50% of all US consumer spending. Also, the Trump administration’s 2026 budget will deliver lower taxes for corporations and boost incomes for wealthier consumers.
- Le Crowding Out US L’Etat US surendetté, il doit émettre des bon au trésor pour se financer. Il a de gros besoin d’épargne donc il offre beaucoup et propose des taux attractifs. Les taux élevés attire les investisseurs, mais l’augmentation du taux de bons du trésor fait augmenter tous les autres taux de crédit. Donc cela prive les entreprises productives de l’épargne alors qu’elle peuvent être productives car les taux d’intérêts sont trop élevés. C’est un cercle vicieux, la captation de l’épargne pour l’envoyer dans le CMI, qui empêche donc l’investissement, la consommation, la croissance, ce qui accroit au final les besoins en dette de l’Etat US. Cet argent est réinvesti dans le CMI qui détruit le capital comme missile mais qui ne sert aucun but social, c’est du capital purement improductif. Le problème est que les US ne semblent pas pouvoir vivre sans dettes.
Pour éviter l’effet d’éviction (Crowding Out) dont nous parlions, la Fed est obligée de racheter elle-même la dette que plus personne ne veut (Japon et Chine vendent leurs bons du Trésor US). C’est la fusion totale entre le Trésor et la Banque Centrale. L’État imprime de l’argent pour se prêter à lui-même. C’est le chemin direct vers la perte totale de confiance dans la monnaie.
- La stratégie de la “guerre perpétuelle” La stratégie de la “guerre perpétuelle”comme seule solution économique vu la structure politico-économique du CMI/CMS Mais les chaines de productions mondialisées ressemble aux vraies chaines, plus elles ont de maillons, plus elles ont de chance d’en avoir un fragile donc la taille augmente le risque. La guerre perpétuelle comme stratégie engendre des risques pour l’économie mondiale intégrée. Comme on le voir aujourd’hui avec la guerre de Trump en Iran : il n’a plus les moyens économique de sa guerre. Création de vassaux d’ED dans leur zone d’action. Il essaie d’accaparer les ressources pour tenir le plus longtemps, ou au besoin rentrer en guerre et internationale sécuritaire avec Israël.
Il faut bien comprendre la transition entrain de se jouer aujourd’hui, sur la défait commerciale et économique des USA par rapport à la Chine et qui essaient de compenser leur perte de vitesse par l’investissement dans des appareils guerriers et la création de vassaux d’ED dans leur zone d’action. Il essaie d’accaparer les ressources pour tenir le plus longtemps, ou au besoin rentrer en guerre. Buts indiqués dans le bilan économique 2025 USA, prennent acte qu’ils ont baissé dans l’innovation technologique et économique. Le but est de détruire l’Iran et renforcer Israël dans la région. Appel à l’alignement des ED européennes derrière ce nouveau projet, dans une série de guerre pour restructurer la position européenne et étasunienne dans une guerre contre la Chine.
- Les répercussions de la politique sur les droits de douane De la politique sur les droits de douane, et de ceux imposés par Trump. On n’aura pas le temps de développer les mécanismes de soutien et de politique stratégique intérieure, mais on peut remarquer que le retournement de la cour suprême aux US sur les fondements légaux (source) utilisés pour justifier les droits de douane imposés par Trump. Cela montre une position politique vacillante quand les institutions conservatrice commencent à ne plus aller dans le sens d’un exécutif du même bord. Cela montre qu’au delà de l’agentivité de Trump ou de son gouvernement, ils sont face à des contraintes économiques structurelles majeurs du pays.
Cela n’est peut-être pas la pire des choses, dans le sens ou cette stratégie coûte également très cher à Trump. Le pays étant avant tout un pays consommateur avec une balance courante déséquilibrée, les droits de douane imposés coûtent cher. Droit de douane non-sens pour les US très consommateurs, mais peu producteurs et impact surtout sur leurs entreprises, car comme les pays sont plus cher à l’achat à l’extérieur, moins export et donc aggravation de la balance commerciale ⇒ gros impact aussi sur les entreprises étasunienne qui vend moins. ⇒ possible procès par les entreprises pour remboursement des pertes liées aux droits de douanes.. Le problème économique de Trump est que l’on est plus au niveau du capitalisme de nations productrices et consommatrices qui se font concurrence. Avec le néolibéralisme, il y a une intégration du capitalisme, avec des pays concepteurs consommateurs et d’autres producteurs. Les droits de douane = se saboter se ses fournisseurs de marchandises. Donc asphyxiation de l’économie : chômage augmente, croissance en baisse. Protectionnisme KO parce que le monde est trop intégré. Pas de compétences du salariat étasunien pour refaire un appareil productif pour produire chez eux, il faudrait un investissement étatique gigantesque = millier de millard.
La première lecture est que ces droits de douane sont du protectionnisme classique visant à défendre l’intégralité du capital national contre les capitaux étrangers en vue de relocaliser la production aux États-Unis. Et grâce au revenu des droits de douane l’État baisse les impôts et tout le monde est content en interne. C’est ce qu’ont fait les États-Unis dans la première phase de leur développement après la guerre de Sécession : ils se sont développés à l’abri des droits de douane massifs et c’est la référence de Trump. Le problème de cette hypothèse est qu’il y a une contradiction dans les termes. Les droits de douane doivent dissuader l’importation des produits aux États-Unis. Or Trump va baisser les impôts grâce au produit des droits de douane. Donc, si la relocalisation se réalise, le revenu des droits de douane diminue et la baisse des impôts ne peut être financée. Par ailleurs, pour relocaliser, il faut des droits de douane suffisamment élevés pour compenser les différentiels de coût du travail. Entre un travailleur mexicain et un travailleur étatsunien, la différence aujourd’hui est de l’ordre de 1 à 6 %, pas 25 %. Si vous relocalisez, vous allez donc avoir des augmentations de prix. Et comme le marché du travail étatsunien est déjà tendu, vous allez avoir des augmentations de salaires, donc une pression sur le taux de profit des entreprises industrielles qui n’est pas forcément tenable en l’état et va se traduire par une augmentation des prix qui sera beaucoup plus importante que les 25 % d’augmentation des droits de douane… Cette première hypothèse ne doit pas être complètement évacuée. Il est possible que ce soit le projet de Trump. On serait alors sur un plan à la Macron : essayer de faire la paix au sein du capital en donnant en même temps aux industriels une protection et au capital rentier les baisses d’impôts qu’il veut. Mais c’est voué à l’échec. La deuxième hypothèse est que ces choix sont en réalité politiques. Les États-Unis ont un problème : leur modèle économique est fondé sur une économie de services marchands à 80 %, avec un secteur technologique haut de gamme extrêmement rentable, extrêmement puissant et en avance sur tous les autres. C’est une toute petite partie de l’économie étatsunienne mais c’est une partie extrêmement importante parce qu’elle produit énormément de valeur. Le problème est qu’aujourd’hui la Chine est en train de les rattraper – on l’a vu avec l’IA. Le cauchemar américain c’est que les Chinois soient capables aujourd’hui d’innover moins cher avec une qualité quasi équivalente et vont donc leur prendre des marchés partout, même sur l’IA. l’enjeu aujourd’hui d’une partie du capitalisme étatsunien est d’éviter la concurrence, donc de construire non pas un grand marché transatlantique et transpacifique comme au temps du néolibéralisme, mais un empire : un centre et des périphéries où chacune a un rôle à jouer vis-à-vis du centre. Aujourd’hui évidemment ce n’est pas le cas : l’Europe passe des accords de libre-échange avec des d’autres pays. Mais si le but des États-Unis est que chaque pays soit au service de la métropole, du cœur de l’empire, les droits de douane sont un moyen de pression. C’est une explication du jeu actuel de Trump : il les met, il les retire. Quand il les retire on dit que c’est un clown. C’est peut-être un clown mais il envoie le message aux Mexicains et aux Canadiens : je peux les retirer mais évidemment il va falloir accepter des conditions, sinon je vais les remettre. Ces conditions, cela va être l’accès au marché, par exemple en Europe. On sait bien ce qu’il vise : la suppression de toutes les réglementations sur la technologie, le monopole du gaz liquéfié, l’accès au marché des industries de la défense (et donc quand il dit qu’il faut consacrer 5 % du PIB à la défense, c’est pour acheter aux États-Unis)… On peut même imaginer qu’ils mettent d’accord tout le capital étatsunien en disant à sa périphérie : on a des produits industriels qu’on veut vendre et vous allez vous inscrire dans notre chaîne logistique, à nos conditions.
- La dé-dollarisation Chute des prix du dollar ⇒ “pétrole levier du dollar ?” ⇒ Voir prix du baril de pétrole qui fluctue en fonction de attaques de Trump et le marché réagit à ses actions = manipulation de marché. Le but est de faire des actions pour faire remonter le prix du baril. Quel rapport avec le dollar et la domination US ? ⇒ essaye de produire une crise mondiale pour refaire monter le prix du baril
Depuis 2022-2023, la Chine paye de plus en plus ses importations (pétrole saoudien, fer brésilien) en Yuan. Les BRICS cherchent des alternatives au dollar et au système SWIFT A l’international, il y a de plus en plus un effritement de pouvoir, qui n’est plus aussi menaçant qu’auparavant, certains pays brisent les blocus à Cuba. La guerre en Iran est un échec patent et il y a l’immense contrepoids de la Chine. Le problème est qu’il n’y a pas encore d’alternative crédible au dollar. Cependant l’or est à nouveau prisé par les BE, et que le gel des réserves russes en 2022 et l’exclusion du système SWIFT à fait peur au monde qui ont senti le besoin de trouver une autre solution.
- La concurrence de la Chine Je ne traiterai pas de la question de la Chine dans cet article, je mentionne le point parce qu’il faut l’avoir en tête, mais je le publierai juste après celui-ci.
Nous sommes dans une période de longue agonie du régime d’accumulation. Le capital fuit en avant depuis les années 70, mais il n’a plus nulle part ou courir. En 65 quand le profit commence à baisser, il est financé par la dette privée. Dans les années 80 et 90, il y a toujours un espace de développement impérial important. En 2008, c’est l’Etat et donc le transfert de la dette publique qui permet d’éloigner la crise. En 2026 la technique ne fonctionne plus : injecter plus de monnaie ne crée plus de croissance, mais de l’inflation ou des bulles spéculatives. Il y a de moins en moins d’externalités aujourd’hui pour produire du profit avec la montée des BRICS qui ont une économie rivale et un prix du pétrole qui monte. Les pays du sud ont de moins en moins envie de financer pour rien la dette US qui leur permet de fonctionner. Le capitalisme à survécu dans une économie stagnante en achetant du temps pas le crédit et en allant piller les autres pays de la planète, aujourd’hui il n’a plus de temps (dette), plus de place (mondialisation), et il n’a plus d’argent (perte de confiance dans le dollar). C’est un capitalisme de suraccumulation intensive et en bout de course, qui compte sur le roulement de la dette pour survivre, ce n’est pas simplement une phase de déclin du cycle de Mandel, mais une crise structurelle profonde qui est en train de miner les US et de laquelle ils surnagent difficilement.
Jusqu’ici la stratégie des États-Unis pour maintenir leur hégémonie était de se déporter un peu partout, avec la guerre en Irak, en Afghanistan, des troupes en Europe, etc. Maintenant c’est de construire un vrai empire, c’est-à-dire avec des réseaux de vassaux qui vont venir consommer leurs produits, notamment leurs produits tech, leur pétrole ou leur gaz liquéfié. Et qui n’auront pas le choix.
Annexes
Bibliographie :
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Marx - Thèses sur Feuerbach Marx - Le Capital livre 3
Giovanni Arrighi, Simon Clarke Aaron Benanav à chercher
Notes :
[^1] Comme preuve statistique du cycle historique de suraccumulation et de dévalorisation, on peut regarder la production industrielle (productivité du travail) ou les exportations, mais le meilleur indicateur de la santé du capitalisme est le taux de profit (r = S/(c+v) ou r est le taux de profit moyen, c le capital constant (machines et équipement) et v le capital variable (les travailleurs). Entre 1946 et 2012, le taux de profit aux US chute de 20%. Après prise en compte de ses contre-tendance, la baisse tendancielle est de 0,3% par an. On peut trouver des preuves statistique chez Shaikh qui apporte une analyse de la baisse du taux de profit, et bien sur Mandel, ou encore sur le blog de Michael Roberts qui propose régulièrement des analyses du taux de profit, ou encore dans l’article de Maito. Ce qu’on voit, au delà des preuves, c’est bien la tendance “naturelle” du profit à tomber. Ce résultat n’est contrecarré en général que par des événements historiques d’envergure : crises ou guerres. [^2] On peut voir dans le livre de Chamayou se développer le néolibéralisme comme des pratiques cohérentes et comme un mode de gestion politique et économique qui répond à une crise totale et qui se forme dans les années 70. Face aux mouvements écologique, de boycotts, des droits civiques, Black Panthers etc. les entreprises développent des techniques et un savoir pour casser les manifestations politiques et discipliner le travail. Cela passe théoriquement par exemple par la théorie des Stakeholders, les tactiques d’instrumentalisation du dialogue, idéologie de la responsabilité individuelle etc. C’est une théorie générale de la neutralisation de la politique en entreprise. La nuée d’intellectuels conservateurs qui met en place le néolibéralisme pense aussi une gouvernance politique, comme le diagnostic de la Commission Trilatérale de 1975 qui propose de dépasser la démocratie qui atteint ses limites, par la constitutionnalisation des règles économiques et la subordination au marché. C’est par exemple à ce moment qu’apparait la fameuse technique du “starve the Beast” Pour une généalogie plus fouillée je renvoie vers Chamayou. [^3] On va évoquer le sujet, parce qu’il est impossible d’expliquer le parcours éconoico historique des US, surtout sur les 20 dernières années, sans parler de la crise de 2007 et la grande récession. Je ne pourrais pas détailler tout le mécanisme de la crise, pour ne pas éparpiller en détails un texte assez long. [^4] Michael Roberts fait bien la différence dans l’introduction de son livre entre dépression et récession “A depression is defined here as when economies are growing at well below their previous rate of output (in total and per capita) and below their long-term average. It also means that levels of employment and investment are well below those peaks and below long-term averages. (…) To date, there have been three depressions (as opposed to regular and recurring economic slumps or recessions) in modern capitalism. The first was in the late nineteenth century (1873 –97); the second was in the mid twentieth century (1929–39); and now we have one in the early twenty-first century (2008–?). These all started with significant slumps (1873-6; 1929-32; and 2008-9)” Roberts p.5 à 6. [^5] On peut souvent se laisser avoir par son propre langage quand on dit trop vite les capitalistes, les banques etc. et on ne désigne ainsi rien de précis. Ici quand on parle d’Etat, c’est un acteur bien définie par toutes les actions qui sont réalisés par des acteurs évoluant au sein et au nom de l’Etat au moment de ses fonctions. Pour les capitalistes, c’est moins précis, mais je dirais que par capitaliste, ici on entend les individus (capital manager, Business Angel, investisseur privé etc.) ou institutions financières (OPVHM, venture capitalism etc.) avec un capital suffisant pour que son mouvement soit sensible au niveau des flux de l’économie mondiale. [^6] La lutte contre la drogue a largement été pensée et utilisée comme une technique de gestion des populations, principalement noires, alors que les US n’arrivent pas à trouver des solutions et on subit la récession de 80-82. Après le lancement de cette politique, le nombre de détenus aux US passe de 500 000 en 1980 à deux fois plus en 90. Le racisme comme technique de hiérarchisation de la violence à imposer est aussi assez clair, le ratio d’arrestation entre blanc (qui consomment de la cocaïne) et noir (qui consomment du crack) est de 1/100. Le rapport de 1995 au congrès “Cocaine and Federal Sentencing Policy” est accablant, car il montre bien la connaissance de cette statistique et la volonté d’orienter la politique néolibérale en échec vers une exploitation raciste. [^7] Les dérégulations majeures du néolibéralisme proviennent principalement des années 90, mais c’est dans la crise des années 2000 qu’elles révèlent leur dangerosité. Le propos n’est pas d’entrer dans un historique des politiques néolibérales US, mais on peut donner les moments forts : dérèglement du crédit hypothécaire, NAFTA, accord de l’ALENA en 94, création de l’OMC en 1995, la modification du Glass-Steagall en 99 et bien sur l’ouverture de tous les marchés mondiaux (Maastricht en 1992), a permis ce type de montage de crise. [^8] Les taux de croissance sont de l’ordre de 1 à 2% dans les économies avancées, c’est une période post 2008 que l’on appelle “Global Crawl”. Même le potentiel maximum de production potentielle (ce qu’on peut produire au max avec tous les trava illeurs et outils mobilisés) croit moins vite. Autrement dit, la productivité même potentielle implique une réduction générale de la productivité. En parallèle, l’investissement est aussi très faible alors que beaucoup d’épargne est en circulation, parce que personne ne voir de profit à réaliser. Alors que les profits et l’accumulation n’a jamais été aussi forte, 12 % du PIB aux États-Unis, mais l’investissement reste très faible, 4 % du PIB. Pour trouver de la rentabilité, les investisseurs se tournent majoritairement la finance plutôt que vers la production réelle : aux US, l’investissement tangible est tombé de 14 % de la production en 1980 à 7 % en 2011. [^9] La forte demande de matière première fait automatiquement monter le cours de sa monnaie, car quand un pays exporte des matières premières, même si est payé en dollars, il doit les convertir pour payer dans sa monnaie. Si la demande augmente le prix de sa monnaie aussi, et ses exports diminuent par effet de balance, car si sa monnaie est plus chère, ses produits aussi. Un secteur comme le pétrole créer un effet d’attraction du travail et des investissements, alors que le reste de l’industrie non profitable meurt car elle ne peut pas être aussi attractives que les importations peu chères dans une économie où les prix montent, du fait des profits du secteur exploité comme le pétrole dont les profits et salaires sont utilisés pour consommer. Cela créer un piège de la spécialisation et une dépendance à la demande d’une ressource exportée. [^10] Marx parle de la “soi-disant accumulation primitive” dans la section VIII du livre I du Capital, au chapitre 24. Je pense que primitive est à comprendre dans le chapitre non pas comme la première et unique, mais comme celle qui constitue primitivement tout capital et qui se reproduit donc à tous les moments du capital. Des travaux de recherches ont été engagés dans ce sens, mais la théorie de Harvey adapte la thèse marxiste au monde de réseaux de captation de valeur et au développement des échanges inégaux. [^11] C’est précisément l’inversement dialectique que l’on est en train de vivre. C’est le fait de déléguer la production dans les années 80 aux pays asiatiques, et à garder uniquement la conception et le secteur financier qui a rendu 40 ans plus tard les US très fragile et dans une position parasitique. Les pays asiatique, en même temps qu’ils construisaient une industrie de production, en ont profité pour acquérir le profit en terme d’innovation et on fait monter des champions locaux, ainsi que toute une classe sociale de consommateur et donc un marché interne. C’est notamment la stratégie de la Chine qui veut organiser sa souveraineté numérique étatique, et commencer à contester l’hégémonie du dollar qui sert à masquer depuis des années la fragilité US. Dans cette configuration, Trump est donc aux commandes d’un pays qui s’est désindustrialisé totalement, ce qui correspond à la mort de beaucoup de capital fixe, un pays qui tient uniquement sur la consommation et la dette, et qui réagit en essayent de voler agressivement les autres pays, alors que la Chine construit des routes commerciales et devient l’hégémonie montante. [^12] Le rôle du trésor US et de Wall Street peuvent sembler étrange car elles n’ont pas de rôle institutionnels. En réalité, le trésor US a un véto au FMI qu’il utilisent pour bloquer les “plans d’aide” trop peu profitable, et négocie les conditions de financement même avant le FMI, on peut dire que c’est l’essence réelle du FMI. Les fonctionnaires du trésor se partagent souvent avec les grandes banques. Le FMI est donc le bras armé des banques qui vont récupérer des remboursement de créance très élevés, et le trésor US un achat de bon en fin de course pendant la crise. Les trois fonctionnent dans une certaine osmose et dans un cercle vicieux de la dette pour les pays du sud et bénéfique pour les US. [^13] L’intellectuel le plus représentatif de ce courant est sûrement cet abruti de Friedrich Hayek et son livre La roue de la servitude qui propose un cadre d’interprétation de l’économie que l’on peut résumer ainsi : le marché est un système cybernétique non entropique, régit par des lois naturelles auquel il faut faire confiance, car toute intervention ruine le fonctionnement du système ; Chamayou créer le terme de catallarchie comme “nouveau régime de gouvernement à concevoir comme un gouvernement des gouvernants par les marchés.”. En dehors des grands cadres théoriques, on a aussi une production intellectuelle plus située pour permettre de produire des actions de terrain, on peut penser aux travaux de Jensen et Meckling et la théorie du “nexus de contrat” qui sert à mettre au pas les managers dans la hiérarchie d’entreprise. Tout cela s’accompagne de changements réels, comme la mise en place des stock options dans les années 80 pour les managers dirigeant. Et enfin, il y a aussi tout une littérature grise, technique qui porte directement sur les pratiques contre insurrectionnelles. Un cas exemplaire chez Nestlé du recrutement de Rafael Pagan ancien homme du renseignement militaire, qui comme Sratfor se reconvertissent dans la défense et le conseil après leurs années de services. Ils écrivent des guides et modes opératoires pour identifier les contradicteurs, contrer les activistes, faire des cartographies, des matrices SWOT etc. (mettre sources dans biblio) le but de de réinscrire les entreprises dans un monde de lutte politique, ce qui est une caractéristique forte du néolibéralisme. Comme le souligne Chamayou : “Si les ” activistes anti-business” parviennent à tenir la multinationale en échec, considère Rafael Pagan à l’époque, ce n’est pas qu’ils sont “plus malins que les hommes et les femmes de Nestlé”, mais parce qu’eux, au moins, “savent qu’ils sont engagés dans un combat politique alors que les gens du business l’ignorent”. C’est un véritable écosystème de pensée qui se développe. C’est en ce sens que Gramsci parle d’hégémonie, quand une pratique se développe en même temps qu’une théorie pour arriver à l’unité effective. L’hégémonie est avant tout une pensée d’un sujet collectif qui s’effectue pour prendre sa place historique. Gramsci dit : “La compréhension critique de soi-même se fait donc à travers une lutte “d’hégémonies” politiques, de directions opposées, d’abord dans le domaine de l’éthique, ensuite de la politique, pour atteindre à une élaboration supérieure de sa propre conscience du réel. La conscience d’être un élément d’une force hégémonique déterminée (c’est-à-dire la conscience politique) est la première étape pour arriver à une progressive auto-conscience où théorie et pratique finalement s’unissent.” [^14] Si on est toujours pas convaincu de la dimension en partie économique, ou plutôt où l’économique, le politique et le géographique ne se différencient pas, de l’intervention en Irak, on pourra se pencher sur les décrets de Paul Bremer qui implique la privatisation unilatérale d’un grand nombre d’entreprises et des droits de propriétés de 100% pour des entreprises US.